mardi 15 juillet 2014

le KINTOA : entre Ostibar et Garasi


Dernières mises à jour :
15 Aout 2017 :

L'enquête avance . 
Un premier pas avec l'étude du règlement du pays d'Ostabaret de 1676 (AD64-AA1) qui est déposé à Bayonne (en très mauvais état) et qui décrit précisement le processus de défrichement et de prise de possession des labaquis at autres ithandis (mot inconnu à ce jour qui signifie terre conquise sur les communs ) .
Dans un deuxième temps une affaire très interressante relevée dans le registre de la cour générale du pays de Cize entre 1745 - 1775 . (AD64-E depot BB1 syndicat du pays de Cize ) .
Un certain nombre de délibérations en 1768 et après, concerne une affaire de prévarication ,de détournement de fonds , de déboisements non autorisés dont les revenus ont été soustrés à la cour générale du Pays de Cize . 
En fait ces travaux avaient été réalisés pour payer les frais d'abornement et de fixation des limites entre Cize et Osatabares. Les commissaires mis en cause ,le baron de Lalanne , Mrs Lafaurie ,Mirande ,Dutheils et Iribarne, avaient quitté leurs fonctions quelques années auparavant .  En sous main , on s'apercevra de la main mise des avironniers de la côte basque (autre nom donné aux maitres de chantiers navals ) ,grands consommateurs de bois , sur les cours générales .

Les retranscriptions sont en cours et seront insérées dans le prochaine édition 6.0 du pdf sur le Quinto Ostibar Garasi 1765 .

10 Mars 2016
recensement des zones à Quinto ,Quint Quinta ou Quinte des provinces de Béarn et du Pays Basque (Iparralde).Il en existerait 28 . 4 en Pays Basque et 24 en Béarn.Ceraines ont des noms surprenants comme la quinte d'Aralhar en vallée d'Aspe ,la Quintaburu entre Béarn et Pays Basque (Barkoxe et St Goin) ,la Quinte d'Etchalar à 8 km d'Oloron.Ces territoires sont toujours situés sur des zones conflictuelles ,habituellement entre 2 juridictions ,profondemment oubliés des cartes IGN.
l'enquête Eygun sur le toponymie de la vallée d'Aspe nous a permis un grand pas dans ce recensement.

 07 janvier 2016 : Mises à jour importantes :  

Retranscription des décisions des cours générales de Cize et d'Ostabarès à propos du bornage à appliquer après la sentence de 1728.
Apparition de nouveaux acteurs ayant participés aux conflits des limites : les avironniers de Garazi  ,les moines d'Utziat.
Retranscription des négociations de 1765 (sept-octobre 1765) 
qui s'inscrivent comme un préalable à l'accord définitif du 15 novembre 1765.

Apparition de nombreux toponymes Baratchetoua ,Ascoursabal,Pedrolarria,Larre Biribila,Monte Suhas larre,Hirourpagoac,..... inconnus dans les différents documents du XIX et après...
Ces toponymes font l'objet d'une reconnaissance active sur le terrain.

Role des décimateurs et des recueilleurs de taille dans le conflit .Chapitre de Bayonne ,Seigneuries d'Hosta ,de Lecumberry ,de Lacarre ,Apat .

Des défricheurs qui veulent échapper à l'agrier....(impôt sur les défrichements)

Retranscription intégrale de l'accord des limites Garasi-Ostibar et de la création d'un Quinto dans les Arbailles suivant copie de l'acte original de 1765.

Retranscription d'une partie de l'affaire Recatume concernant les bois d'Olhobi en 1916 à Béhorléguy.
l'affaire Récatume contient la tentaive d'Ibarnegaray de faire classer les bois indivis dans le domaine des forêts réglementées, les sortant de facto du régime de l'affouage.

Retranscription de l'article 4 du rapport de Mr Ahide du 14 septembre 1910 sur l'état des droits et servitudes de la forêt de Cize série Mendive.Ce rapport contient les références datées de tous les accords territoriaux entre Cize ,Ostabaret et Soule .

Retranscription du rapport de l'inspecteur des Eaux et Forêts, Baudriot du 21 février 1900 concernant les origines ,l'administration ancienne et actuelle du syndicat d'Ostabaret.
Ce rapport est précis sur les différentes dates qui ont marqué l'évolution de la Jointe d'Ostabarès en 1598,1672,1722 et 1782 sous l'ancien régime.

(ces mises à jour ne sont pas reprises sur ce blog ,mais apparaitront sur l'article ou le livret à paraitre dans les années qui viennent )

18 aout 2015 :  
la borne d'Olhobi a été enfin trouvée par l'association culturelle d'Hozta. .
deux chemins ont été retrouvés entre la plaine d'Elçarre et le plateau d"Alhamendichipi: par Larrengi et la pature d'Itzal Xabaleta et par les bois de Xohozahalde.
Première marche "Kinto itzulia" organisée dans le cadre de la semaine culturelle.Découverte de la borde d'Elgart.Son emplacement nous permet d'affiner la position des louvières de Behorleguy-Hosta-Sarasquette .(ces mises à jour ne font pas l'objet de retranscription) .

10 janvier 2015 :  
le Quinto : un concept en forme d'antonomase : s'agit-il alors d'une métaphore ou d'une métonymie ?

 27 octobre 2014
deux documents de la commission syndicale de Cize intégrés et commentés dans la rubrique "les lignes ,les points et les bornes du Quinto ", 
une rubrique : "la malédiction du géomètre" dans le même chapitre
 
20 septembre 2014 :
les défrichements sur Hosta en 1764 et pendant la période 1688-1789. quelques explications et graphiques. le modèle des bornes de l'accord que l'on retrouve sur un pignon de la maison Pagolateguia à Larceveau, qui correspondent en tout point à l'article 10 de l'acte dans leur conception .

10 aout 2014
Gillenberro :explications de la période des trois mois, réservée aux habitants d'Ostabaret en hiver ."Glandée et fainage des bestiaux" .
Publication d'extrait de cartes Eaux et Forets 1911 au 5k .
Publication d'extrait de cartes État major 1861 au 40k.(disponible aussi sur le Géoportail)

27 juillet 2014 :
nom des négociateurs et des signataires de l'acte qui ont entériné l'accord sur les limites définitives entre les cours générales de Cize (St Jean pied de Port) et d'Ostabarret (Ostibar)
Désignation des maisons nobles .

16 juillet 2014 : ordonnancement par numérotage des points du Quinto et de la ligne divisoire Cize-Ostibaret (1 à 16 connus à ce jour) entre la pierre d'Elçarre et Azarka Bizkarra incluant la problématique des fosses aux loups d' Olharria .

15 juillet 2014
lande de Gillenberro (nouvelle borne: article 15) + Olhobi (une croix gravée ,) + Azarka Bizkarra (vagabondage sur la limite Ostibar-Cize: article 16)

1er juillet 2014
Signal "n" d'Alhamendi du canevas trigonométrique du 20/10/1839 sur le point 12

30 juin 2014
Azketa-photos + Gillenberro (problématique) + plan visuel de Gillenberro refait + plan de situation de la borne n°1

Cet article fait le point sur les recherches que l'association de montagne Auñamendi (FFME ) a entrepris sur le pays Quint (avril-janvier 2015) , situé au cœur des massifs montagneux karstiques d'Hauzkoa-Harrozkoa et du Belchou-Belxu,dans les Arbailles-Arballak , à cheval sur les territoires syndicaux de Cize (Cissa) et d' Ostabarret (Oztibarreko lurra) , accolés à la Soule (Xiberoa) .

Ces recherches sont pilotées ,renseignées et orientées par Jakes Casaubon ,éminent chercheur de la zone Garazi et Ostabaret.

(en version graphique moderne de l'euskara batua nous utiliserons le terme Kintoa aussi souvent que possible, ainsi que l'ensemble des toponymes admis par les acteurs actuels pour les autres noms de lieux; par contre nous utiliserons les noms écrits en 1765 quand le contexte s’imposera dont le mot Quint ou Quinto pour désigner le territoire indivis étudié dans cet article.) 

A la découverte du QUINTO entre GARAZI et OSTIBARRET


Eh oui, en Basse Navarre (cf Iparralde,Pays basque Nord) , existe aussi un autre pays dénommé Quint ou Quinto , homonyme à celui situé au dessus d' Aldude-Urepel-Zilbeti-Eugui .

Nous nous appliquerons à travers cet article,d'en parfaire la définition géographique et
tenter une première synthèse socio-historique, sans prétention, qui entrouvrira la porte de la délimitation Cize-Ostabarret, compte tenu des conflits ,contentieux ,sentences ,négociations , accords et "expertages" qui se sont déroulés entre les années 1530 et 1913 , sur les 17 kilomètres ,entre la zone d'Elçarre et du Mont Elhor.

La zone appelée QUINTO ne concerne que 4 kilomètres de cette limite .
C'est une zone où les parties ne sont pas arrivées à se mettre d'accord .
On a donc créer une zone indivise.

La montagne a été ,depuis le néolithique , un territoire économique très prisé ou disputé, mais aussi très encadré et réglementé du point de vue des usages et utilisations .

Les versants ,les ressources,.... n'ont jamais été utilisé au hasard, par les humains ou les animaux.
La notion de développement durable  a, toujours, prévalu dans cette économie gérée par des administrateurs ou utilisateurs omniprésents.

La pérennité et le partage équitable des ressources étaient les maitres mots de la gestion commune des montagnes.
Quand ces règles élémentaires furent oubliées ,en particulier au XIX et XX , on assista souvent à de véritables catastrophes .
Incendies ,érosion ,guerres entre vallées ou bergers ,pignorages ,meurtres, carnalages ,déforestation ,pertes des pacages et de la qualité de l'herbe,assèchement,.....qui sont autant d'incidents et d'accidents qui sont là pour nous rappeler les équilibres qui se rompent .

Le Quinto Garasi-Ostibar en question, se développe entre l' Ostibaret ou "Ostibar" (ensemble des communes autour de Larceveau) et le pays de Cize (St Jean Pied de Port et 12 autres communes) ou "Cisse ou Cissa" .

Ostibar ou Cissa étaient fréquemment utilisés au XVIII siècle.Au XVI ème on écrivait Garasi et Ostibar.

Les références et les sources d'information à propos de ce Quinto ne sont pas légions.

Contrairement au  Quinto de la vallée des ALDUDES  que l'on retrouve dans l'histoire du Pays Basque, à travers la problématique du tracé de  la frontière entre deux grands États de l'espace européen (Espagne-France) ou la création d'une hypothétique voie ferrée devant relier Bayonne à Pampelune par les Aldudes ,
le QUINTO Ostibar-Garasi désigne la phase ultime d'une négociation de voisinage entre deux "pays" aux cultures forts diverses.

Le QUINTO Garasi-Ostibar relève lui de l'antonomase .
"L’antonomase du nom propre, la seule vraie antonomase pour beaucoup de linguistes, consiste à employer un nom propre pour signifier un nom commun. Selon le cas, ce type d'antonomase peut s'analyser comme une métaphore ou comme une métonymie."(WKPD)
(en 2015 l'antonomase la plus célèbre se dénommerait "je suis Charlie")

Le Quinto des Aldudes , plus  connu pour les bisbilles entre communautés navarraises ,sera l'occasion pour les deux États d'assoir leurs autorités respectives sur le Pays Basque et la Navarre en particuliers.

Les enjeux du Quintoa-Baigorri étaient aussi d'entériner des accaparements ,extirpations , emparements  de terres indivises par les cadets des vallées de Baigorri-Baztan-Erro, et, en fixant la limite Caro-d'Ornano , les États , ont garanti les droits de pâtures des gens de Baigorri et d'exploitations forestières aux gens d'Erro ou de Baztan par la création d'un INDIVIS de 2400 hectares.

Bis repetita placent

Entre Ostibar et Cize ,
on assistera à une guéguerre de pâturages,de glandaie et de fainage ,de chasse , d'accaparements sur les herems (landes communes) ,de possessions forestières  .
A la conclusion de celle-ci viendra ,in fine ,le 15 Novembre 1765,se graver dans les pierres des Arbailles et les esprits des gens des vallées de la Bidouze ou du Lauribar , six lettres magiques au détour du codicille rédigé par les deux tabellions Tonna et Mirande , annexé à ce traité des limites des territoires de Cize et d'Ostibaret.
La création de l'indivis sera appelé :

QUINTO...

Nous pensons , par cet article, en vulgariser l' existence aux amateurs d'Histoire et de randonnées de la montagne basque.

Un précédent article de ce blog ,traitant d'une traversée des Arbailles-Arballak ,
vous avait initié à ce point assez méconnu de l'histoire de la Basse Navarre:
le second Quinto de la  Basse Navarre .

L'oubli est la condition indispensable de la mémoire ,disait Alfred Jarry .

A part Jakes Casaubon ,ancien membre d'Aunamendi ,érudit ,chercheur infatigable sur la Basse Navarre, en particulier, en toponymie ,pastoralisme,jeux ruraux , spécialiste des agriers ... ,aucun interlocuteur , élu ou permanent des commissions syndicales actuelles ,retraité des Eaux et Forets , n'a pu nous instruire sur le pourquoi et le comment de ce fait historique.

En guise de départ ,ce furent les mentions sur certaines feuilles cadastrales des zones de montagne d'Hosta, Béhorleguy et de Lecumberry ,cartographiées entre les années 1832 et 1845, peu répandues dans le grand public, qui nous avaient mis la puce à l'oreille.
Ces limites de montagne ,qui striaient les cartes IGN et les taillaient "à la hache", avaient un mystère  que seuls, quelques amateurs ou géographes,  pourraient être tentés d'éclairer.

On est parti quasiment de zéro en terme d’écrit ou de référence bibliographique.

Ce Quinto,précurseur des syndicats intercommunaux,  possédait ses propres règles de gestion des bois et landes-patures y incorporant une facerie perpétuelle entre Ostibarret et Garazi.

Il a survécu dans les règlements généraux des commissions syndicales dès qu'elles furent instituées en Pays Basque , lors du décret de Louis Philippe de 1838 .
Le décret instituait, entre autre ,la gestion des terres indivises des cantons ou d'un ensemble de communes.

Aujourd'hui le Quinto est constitué à 25-30% de propriétés privées ,le surplus restant en indivis entre les syndicats de Cize et d'Ostibarret .Les landes et forêts sont placés sous le régime de l'indivis 50-50 entre les deux syndicats. .

Depuis les années soixante,la paix et la sérénité ont gagné les hauteurs des montagnes d'Harrozkoa et d'Alhamendi .Les investissements publics et  leurs corolaires économiques (pistes,adductions,sélections du bétail,enrichissement de la paysannerie..) subventionnés par l'Europe ou le département  ont arasé les difficultés du XVIIIème siècle et des siècles précédents ..

Il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu'au XVIIIème siècle et bien avant , le Quinto avait été créé pour mettre un coup de frein à la politique agrière du syndicat d'Ostibarret qui grignotait la montagne d'Olhobi et d'Ako et le partage des richesses sur le massif des Arbailles .


LA POLITIQUE AGRIERE de L' OSTIBARRET au XVIIIème.


Les prises de possessions et la pression sur la montagne sont ainsi citées dans l'acte du 15/11/1765.

emparement (cités 2 fois) établissements (cités 3 fois) extirpation (cités 2 fois) nouvelles possessions (cité 1 fois)  des particuliers sur les terres indivises , sont des mots qui reviennent, comme obsessionnels, dans  les six pages de l' acte transactionnel de 1765. 
les futures possessions y sont mentionnées "avec grau pour le futur et pour répétition pour le passé"
et seront sommées de payer les taxes du coté de l'alignement où elles se trouvent. 

En 1764 ,une campagne de défrichements sans précédent est organisée sur Hosta.

Elle représentera 16 % de la surface agrière (conquise par défrichement) de la période 1688-1789 .

Cette campagne correspond à un pic de population du à la révolution hygiéniste (Lavoisier ....) , à une amélioration des techniques de défrichements et d'abondements des sols suivant les enseignements du marquis de Turbilly, qui ont été popularisés dans son "traité des défrichemens" et divers édits royaux autorisant sur le territoire national français, les défrichements sur les terres communes ou appartenant aux ordres religieux.
Souvent une simple recommandation du député de la commune, auprès de la Cour Générale,  suffisait pour prendre possession des lieux .

En Labourt ,après accord du Parlement de Bordeaux ,un constat d'huissier de l'acte de défrichement attaché par cinq hosties à la sortie de la messe dominicale entérinait la nouvelle prise de possession.

(lire absolument l'article d'Alfred Sauvy dans la revue Population de 1965 ) 

Les terres agrières sont exonérées de 6 ans d’impôt en Ostibarret .

Elles vont ailleurs être exonérées jusqu'à 30 ans en France.

On y installe borde ,bordalde,labaki; on y construit multitude de saroi , korta ou cel sous la conduite des maitres de maison , premu ou ad ventis , nouvelin , cadet ,deuxième ou bordazain .

Des ilots de 4ha à 5ha sont défrichés qui sont pris sur les "herms" (landes ou pacages communs) .
Les moyens sont rudimentaires .
L'écobue ,la sonde ,la fourche .
Les hommes devant et les femmes et enfants pour le tri de la terre derrière .
("parce qu'ils coutent moins chers" dixit Turbilly)
Ces figures géométriques résultent-elles d'une véritable organisation de la  colonisation des montagnes ou sont elles aléatoires ??
On peut  observer ,à moindre échelle , aussi le phénomène sur certaines parties des "hautes vallées" de Garaci.On les retrouve avec un peu de perspicacité sur l'ensemble des communes de montagne où les échanges de terre sont rares et où les remembrements ne les ont pas effacées.
.
Sur cette image ,on aperçoit les derniers  cels ,labaki , saroi ou korta d'Hosta (espaces en forme de patatoïde correspondant aux défrichements sur la partie montagneuse ) qui sont remontés de la vallée et qui ont commencé à grignoter les flancs des montagnes d'Ako ,Egurmendi ,Olhobi.

 (un point du Quinto s'appelle Alkortia : l'endroit du korta)

C'est en 1764 que le phénomène s'est accéléré.
La nécessité de fixer une frontière définitive résulta essentiellement des conflits liés à l'utilisation de la montagne et marquera l’arrêt de l'expansion de la vallée d'Ostibarret..

Ci après ,nous trouverons une trentaine d'ilot nouveaux d'Hosta qui est analysée.
Un ilot peut comporter divers propriétaires .
S'agit-il là d'une méthode pour solidariser les défricheurs ou au contraire les bloquer entre eux ??
les ilots comportent divers nature de culture (labourable ,pré,bois) les fougeraies sont restées communes .


NOM SURFACE PÉRIMÈTRE
cel 09 4.047 hectares 939.48 m
cel 11 4.085 hectares 873.02 m
cel 12 4.19 hectares 1.432 km
cel 13 4.249 hectares 1.151 km
cel 14 4.046 hectares 897.45 m
cel 15 4.917 hectares 1.102 km
cel 16 4.059 hectares 1.049 km
cel 17 4.287 hectares 1.083 km
cel 18 4.588 hectares 1.139 km
cel 19 4.6 hectares 1.176 km
cel 20 4.602 hectares 1.038 km
cel 21 4.549 hectares 1.209 km
cel 22 5.744 hectares 1.43 km
cel 23 4.487 hectares 1.125 km
cel 27 4.401 hectares 1.193 km
cel 28 4.595 hectares 1.011 km
cel 30 4.397 hectares 1.419 km
cel ansol 4.189 hectares 874.41 m
cel elgart 4.732 hectares 1.383 km
cel 00 3.791 hectares 837.07 m
cel 01 3.281 hectares 734.05 m
cel 02 4.705 hectares 833.18 m
cel 03 2.996 hectares 887.44 m
cel 04 3.956 hectares 852.42 m
cel 05 3.594 hectares 760.77 m
cel 06 3.922 hectares 904.92 m
cel 07 4.415 hectares 957.75 m
cel 08 4.44 hectares 1.144 km
Nombre de déclarations agrières sur Hosta .
Analyse sur des périodes de 10 à 20 ans ,puis mise en relief de l'année 1764.
schéma propriété du blog Mendiz Mendi 2014.

L'année 1764 correspond à 20 % des déclarations de la période.
l'instauration du QUINTO marque le coup d’arrêt des défrichements ,avec l'instauration d'une zone indivise où les deux parties se tiennent en respect mutuel. 

Aujourd'hui c'est un grand classique en matière de conflit que la création des zones démilitarisées ..

(agrier d'Ostabarret - source AD 64 : http://earchives.cg64.fr/img-viewer/FRAD064003_IR0006/E2348/viewer.html)
schéma propriété du WEB Mendiz Mendi 2014
 :surface en perches carrées ou arpents.

Surfaces défrichées au titre des terres agrières entre 1688 et 1789.
L'année 1764 ,individualisée ,correspond à 16 % de la surface totale.
Les autres périodes sont comptabilisées sur des périodes de 10 ou 20 ans pour les rendre significatives
.Les surfaces sont données en perches carrées. 100 perches carrées valent UN arpent .
Un hectare du système MKS vaut 2.92 arpents.

En 1764 ,sur une année ,ce sont 25 hectares qui sont convertis de forêts ou landes (herems)  en prairies ou terres labourables.

En 100 ans , 1688-1788,ce furent 158 hectares qui seront défrichés sur HOSTA.

On peut se faire, ainsi ,une idée de la date où se sont construit les paysages du Pays Basque .

Finalement ils datent pour la plupart de 250/350 ans si l'on se situe en 2014.
L'explication sur les "cels ,sarois , kortak ,labakiak" peut être téléchargée après demande
sur le site de l'association Lauburu .
Le document final comprend près de 250 pages , c'est le fruit du remarquable travail et d'intenses recherches effectuées "in situ" par Mikel Duvert pendant plus de trente ans en Labourt et Baztan.

LES ORIGINES DU QUINTO au XVIII et avant 

les autres points conflictuels qui envenimaient la zone de contact entre Garazi et Ostibarret .


Les conflits entre éleveurs aux intérêts contradictoires (cochon ,chèvre,mouton ,vache,équidés ,...) 
en 1924 ,400 porcs ,encore , parcouraient encore les hauteurs de Gillenberro d'octobre à décembre.

Les charbonniers investissaient de plus en plus les montagnes pour subvenir aux demandes en charbon des mines . Azarka et Ikaztiturry témoignant des deux lieux légendaires dans le domaine avec la présence de nombreux arbres têtards .Ikatza :le charbon.

L'eau et les forêts étaient situées sur les pentes Nord ,coté Ostibar .

Les bêtes (cochons,chèvres,ovins,chevaux,vaches...) pouvaient s'y mettre à l'ombre et sous le vent et s'y abreuver autour des sources d'Usteburu ,d'Asqueta ,de Gaztelzarre ou de Buralde  .

Les pâturages et les parcours-entrecours étaient situés du coté de Cize-Garasi sur les hauteurs de Harrozkua-Ako-Alhamendi-Egurmendi-Olhobi .
Les gens d'Ostibar devaient lorgner d'un sale œil, les immenses étendues d'herbage, inondées de soleil qu'ils désiraient pratiquer au gagnage de "sol à sol".

Puis il y a aussi le conflit lié "à la glandée et au fainage" à fin d'engraissement des 300/400 porcs qui montaient depuis l'Ostibarret sur Alhamendi-Gillenberro et qui étaient ensuite vendus au marché d'hiver de Pampelune ou Bayonne.
Un des plus grands éleveurs de cochons au XXVIII habitait Hosta.

Les conflits liés à la chasse au loup ,au sanglier, au lièvre , à la palombe voire à l'ours ne devaient pas être si éloignés pour attiser les débats.La foret des Arbailles est toute proche .La présence de nombreux défrichements du coté d'Hosta devaient développer le braconnage ,car on le sait bien , agriculture et gibier ne font pas bon ménage.

Les louvières de Cize étaient situées au col entre Hosta (Olharria) et le col des Palombières(Lecumberry) au lieu dit Otzaizilo ("Osto ihitza zilo" ) constituant une sorte d'appendice sur la future ligne divisoire des Commissions dans la propriété d'Elgart restant ainsi sur la commune de Sarrasquette .
On trouvera sur place dans un bas fond un ancien mur de pierre arrondi .

Azarka était un rocher où passait beaucoup de palombes .

Halgorte, de par sa configuration, est un bon canton de chasse au lièvre ou aux palombes .
Dans les années 1960 ,s'y pratiquait la chasse à la palombe avec des pantières.(témoignage)

Les accaparements d'Azarka par  Martigno ont envenimés les débats de longues années ,puisque l'accord a failli échouer sur ce point.La propriété fut séparée entre Ibarra (Ibarolle) et Zarasketa (Sarasquette) .De nombreux arbres têtards siègent dans les forets environnantes.

Méthodologie

Devant l'incrédulité de certains de mes congénères sur la véracité de cette histoire ,
je me suis lancé avec quelques montagnards d'Auñamendi ,
dans des recherches "in situ" à partir de documents historiques que je connaissais depuis quelques années ou récemment ,et des techniques actuelles de navigation .

La copie privée de la minute notariale du 21 Novembre 1765 établissant l'accord Garasi-Ostibar sur la fixation définitive de leurs limites communes (dans le texte) déposée chez le notaire-royal Dindaburu de Bunus , recopiée en 1830,et annexée au PV intercommunal Behorleguy-Hosta qui servit de référence pour fixer la limite définitive .

L'ensemble des cadastres napoléoniens aujourd'hui numérisés et disponibles sur le site du CG64

Les matrices cadastrales du plan napoléonien consultables en mairie

Le géo référencement dans le système géodésique RGF93-CC43 de ces mêmes plans et ceux mis à jour entre 1940 et 1975 qui a pu être effectué grâce aux techniques satellitaires ( issues de la constellation GNSS).

La consultation de certains PV intercommunaux disponibles ,en principe ,en mairie.

L'agrier du territoire de Larceveau 1688-1789 ( numérisé par le CG64)

Les rapports et cartes des Eaux et Forets de 1906 et de 1911

Utilisation d'un logiciel SIG (Global Mapper) gestionnaire  de différentes couches cartographiques , manipulant simultanément des fichiers de différents formats 
( Ecw ,Dxf, Dwg, Dxf-pci, Tiff, Geotiff, Pcx,Gpx,Trk ,Wpt,Kmz,Kml,..) ,
lisant dans des datums internationaux ou locaux (GRS80,WGS 72 , WGS 84, Clarke 1880,Hayford 1909 ) ,
s'adaptant à des projections (cylindriques,coniques ou azimutales)  variées
ED50-UTM, RGF93, Lambert III,Lambert 93,Mercator ,MGRS......,
interprétant les coordonnées les plus diverses (cartésiennes , polaires, sphériques ) ,
extrayant des cartes ou partie de plan géo-référencés pour chaque application statistique.

Logiciel gestionnaire des cartes , tracks et WPT (Compegps-land 7.0 et suivant)

Utilisation de GPS de précision (Leica 500) ou de GPS de randonnée (Garmin Montana)

Travail de  débroussaillage ou désobstruction et grattage des mousses et lichens sur les rochers présumés.


Travail d'enquête sur le terrain (rencontre avec des bergers, éleveurs, mairies, syndicats, randonneurs , habitants ,recherches en archives.....)

Bibliographies diverses sur la Basse Navarre et le royaume de Navarre depuis le Moyen Age


Marc Bloch  a attiré l’attention des historiens sur les documents cadastraux napoléoniens.
 (Marc Bloch, « Les plans parcellaires », in Annales d’Histoire Économique et Sociale, 1929, p. 60-70). 
Avec le développement des techniques informatiques, le cadastre a pu révéler à l’historien davantage qu’il n’avait prévu de dire, à l’origine, et dépasser sa nature de document financier pour contribuer à l’écriture d’une histoire plus globale et diverse. 
Comme la plupart des documents fiscaux, à travers la question des revenus et des patrimoines,
 il permet d’atteindre le cœur des sociétés.
in "cadastres et communaux : deux composantes d’une évolution des communautés rurales vers les communes" ,article d'Amaia Legaz dans les cahiers de Framespa.



Extrait de l'acte témoignant de la création du Quint 

entre les pays de Garaci-St Jean et Ostabaret 

daté du 15/11/1765..







l'acte de naissance du Quintoa entre les pays d' Ostabaret  et de Cize  le 21-11-1765. 

cet acte ,qui est en notre possession, sera publié dans la revue qui accueillera l'ensemble de l'article et de ces nombreuses pièces jointes qui ont été recueillies depuis le début de l' enquête .


Considérations sur un contentieux déjà ancien entre Cize et Ostabaret

Il nous manque  l'examen des sentences arbitrales de 1540 et 1676 ,référencées dans les rapports des Eaux et Forets ,pour faire le tour de la question d'un point de vue purement historique .

la période 1500-1850 fut une période épique pour les définitions des limites des territoires ,des paroisses ou des communes d'Iparralde (Pays basque nord).
pour ne citer que les conflits les plus célèbres ,on notera :


Conflit St Engrace-Montory-Haux-Lannes à propos de la zone de la Pierre St Martin et du Barlanes
Conflit Sare-Etchalar (avant la fixation définitive de 1856)  .
Conflit Mendive-Larrau à propos d'un indivis
Conflit Mixe-Ostibarret
Conflit Cize-Aezkoa (Basse et Haute Navarre ,sa facerie ,ses divers abornements ,ses pignorages)
Conflit des indivis Baigorri-Baztan-Erro ou affaire du Quinto Real
Conflit de Sarasquette avec  toutes les communes avoisinantes
Conflit Gamarthe-Lacarre à propos du bain de Cambo.
Conflit Bayonne -Anglet sur les landes de Blancpignon-Balichon
Conflit Ossès Irissari à propos du bois d'Oyhanalde.
Conflit Larrau-cour de la Soule
Conflit à Iraty entre Soule et Cize 

Le Quinto d'Ostabarret-Cize a été créé pour la fixation définitive de la limite entre Cize et Ostibarret suivant l'acte de novembre 1765 , après un conflit commencé dans les années  1530 .

Un accord en 13 points définit cette délimitation et la facerie qui va avec .

les articles 1 à 3 décrivent le zonage du "Quint".(longueur de limites 7.420 km) qu'ils définissent  par 10 points  périmétriques et 6 autres points de raccordement.
 (principe de l'auto-contrôle des points fixes)

les articles  4 à 9 définissent l'abornement de la "borde d'Etcheverry" au "Mont Elhor",au point de convergence Garaci-Lantabat-Ostibar , fin de la zone contentieuse.(longueur de la limite 8.350 km)

l'article 10 décrit les modalités du bornage .



Modèles des bornes utilisées en 1765 , qui ont ,pour ainsi dire, été  toutes détruites, disparues , volées ou déplacées dans des lieux inappropriés .
La gravure est inscrite "en courant" comme le dénomme l'accord.



l’article 11 définit l'appartenance des nouvelles possessions et leurs charges respectives vis à vis de jointes (généralités) de Cize ou d'Ostabarret .

l'article 12 décrit la facerie ou compascuité qui réglera la zone du Quint entre Ostabarret et Cize.

Le registre général des jointes de la cour d'Ostibarret ou de celle de Cize devront enregistrer le présent acte.

Retranscription de l'acte concernant le pays Quint :

"il a été formé un Quint ,..,en tirant ,selon les unanimes prétentions respectives ,deux alignements parallèles , 
 "lequel Quint .... sera commun à l'avenir aux habitants de Cize et d'Ostabaret "

"fait pour le droit de parcours et d'entrecours , intrusion ou de compascuité de leurs bestiaux ,....,fait pour l'exploitation du bois et forêts qui se trouvent enclavés , pour leur chauffage ,"
"et d'en limiter l'exclusion de partage"

Il n'y fut pas aussi oublié le carnal ou erenzari  (capture) pour le bétail qui s'échappait la nuit, hors de la limite, car le bétail n'était autorisé à paitre ou se nourrir que de "soleil à soleil" de chaque coté de l'indivis .
Ce droit fut aboli par la Révolution car un peu trop injuste ,car beaucoup de bétail était poussé ,la nuit ,par vengeance personnelle ,hors des limites .Il fut appliqué tout au long du XIXième entre Cize et Aezkoa et les conflits furent nombreux.Un état des bêtes pignorées était dressé annuellement par les communautés.

une zone sera exclue de l'accord :
"à l'exclusion de ce qui ont été faits par le nommé Elgart d'Hosta au quartier qui servait jusqu'alors pour la chasse du loup ,"

Un additif à l'acte du 15 novembre 1765 précise (certainement pendant la signature définitive)

"cette transaction contient désistement de l’instance pendante en la cour à ce sujet" .


En attendant, nous allons faire le tour de la propriété Quinto telle que définit en 1765 .

Une première visite , début 2014 ,nous a permis d’ apprécier le contour du Kintoa et de faire la connaissance de deux anciens bergers et plusieurs éleveurs actuels.

Les acteurs de l'occupation permanente (bergers-cadets-charbonniers-bucherons-scieurs-..) ont disparu des montagnes basques entre la première guerre mondiale et l'émigration massive vers les USA ,entre les années 1914 et 1960.

L’absence d'occupation pérenne s'est accentuée certainement avec la disparition des derniers grands prédateurs nous avait confirmé l'ethnologue-préhistorien José Miel Barandiaran (1889-1991).
(Rappelons le dernier ours abattu vers Alçay en 1970).

Les routes ou pistes facilitent le transit des éleveurs et bergers entre les estives et les fermes dans les vallées.
Ils en profitent pour monter le matin et descendre à l'exploitation l'après midi ou le soir.
Les éleveurs ont remplacés les bergers , aujourd’hui .

Ils ont une plus grande technicité dans l'élevage et la production laitière ou de viande ,mais ne demeurent plus en montagne de façon permanente.
Au vu des cayolars et des bordes qui tombent en ruine (dans les parties non accessibles aux engins motorisés) , quasiment inoccupés ou devenus des résidences secondaires ,
on ne peut que constater que les montagnes se vident de ses hommes .

Rares sont les informateurs, même âgés, qui connaissaient dans les détails la définition de cet indivis du Kintoa qui concerne une partie des communes d' Hozta-Beorlegi-Lekunberri (Hosta-Behorleguy-Lecumberry) .On assimilait ici le concept à une histoire ancienne concernant des sources.

Le dernier berger Mr Gaston Cubiat de Gillenberro ,décédé en 2010 , grand connaisseur de la zone ,a emporté avec lui un grand pan de l'histoire des monts de Cize et d'Ostibarret.

Le Quinto (KINTO) a été créé entre Garasi et Ostibar ,sous l'ancien régime ,(avant 1789) mais l'organisation administrative et parcellaire issue de la Révolution l'a délégué aux 3 communes précitées puisque la nouvelle organisation administrative  donne primauté aux communes et non aux villes ou paroisses ,ne créant que des BND (biens non délimités) pour définir les indivis.

Dans un des documents utilisés (PV intercommunal) ,il est noté que les lois françaises n'acceptent pas de territoire indivis entre communes sans attribution territoriale communale des terrains concernés .

C'est pour cela, quand le contour de l'indivis appelé Quinto (Kintoa) fut défini et accepté par  les deux parties, tant en bornage qu'en surface, on attribua par une ligne divisoire fictive, la part de l'indivis sur le territoire communal respectif de chacune des trois communes suivant la règle du "droit-soi" comme on la dénomme souvent en terme de partage de ruisseau ,de chemin ou d'autre indivision.

on abaisse ainsi une perpendiculaire de chaque point de cassure et on dessine une ligne fictive du milieu de la zone à partager par moitié.

Au final les deux parties issues du partage du Quinto devait être à peu près égale entre Cize et Ostabarret.

S'il faut sauver par les images, ce point d'histoire d'Iparralde et de Basse Navarre , louons ici , les qualités du Web 2.0 des années 2000, qui permettra aux randonneurs et promeneurs des monts de Cize et d'Ostibarret ,qui ,sans l'amnésie de la carte postale  d'un Pays Basque touristique  stylé "Ramuntxo" ,découvriront un Pays Basque authentique ,brut , héritier d'une longue et passionnante histoire recueillie sur les cendres du royaume de Navarre .

Ils apprendront que les verts et paisibles pâturages de behorleguy ou les frondaisons épaisses des Arbailles  ne furent pas que des lieux de paix , d'entente et de cordialité.

Les conflits économiques et territoriaux ont, pendant près de trois siècles , résonné d'un autre bruit que celui des sonnailles.(entre XIV et XVIII) .
Ils ont laissé exsangues les territoires de Mixe ,Cize , Ostabarret , Baigorry ou Soule obligés de se défaire d'importants biens communaux pour payer ces "longs et ruineux procès".

Une fois l'inventaire terminé ,il sera proposé aux habitants des Vallées et aux Commissions Syndicales de se réapproprier leur histoire ,en organisant notamment un sentier de randonnée thématique à travers la zone du Quint.

Il faudra aussi penser surtout à la protection et à la surveillance des repères et bornes avant que les pluies acides , les mousses ou les lichens ne les dissolvent définitivement dans l'oubli et le temps ,où qu'ils échappent à la destruction consciente ou inconsciente.

D'après les plans de 1832-1845 (établissement des premiers cadastres) et le pointage des points d'inflexion du Kintoa , nous avons affiné la mesure de l'indivis.

les limites ,bornes ou repères du "Quinto" Cize-Ostibarret
périmètre : 11.86 km. surface : 2.282 km2 soit 228 hectares.
cartographie réalisée avec Global Mapper .
le tracé de l'indivis sur une orthophoto avec ses dix points de délimitations.



RAPPEL DES FAITS HISTORIQUES


Entre Garazi et Oztibarre (Ostabaret ou Ostibar) ,à cheval sur les territoires communaux d'Hosta , de Behorlegi et Lekunberri ,existe donc cet INDIVIS de 228 hectares ,de 12km de pourtour et de 10 marques géographiques définies par un accord , passé à St Palais chez le notaire royal Salvat Tonna qui se nomme PAYS QUINT ou en forme moderne KINTOA.

C'était un indivis de pâture et bois issus de 3 sentences arbitrales :

du 28 septembre 1540
du 22 septembre 1676
du 13 juin 1728 , 
et ayant fait l'objet 
d'un "expertage" et premier abornement le 12 septembre 1541, puis d'un second en 1728.

(sur les PV intercommunaux de 1832 et 1840 on parle de "rochers croisés" pour situer les points d'inflexion du Quint )

Le véritable abornement définitif semble date de 1900 ,puisque la plupart des marquages retrouvés en 2014, porte cette date de référence.

Cet accord fut mis en œuvre définitivement et signé (Cize et Ostibar) par les parties le 21 Novembre 1765 suite à la transaction passée

par Messire Jean Valentin ,Baron de Lacarre ,châtelain de Navarre ,commandant du port du Royaume ,colonel du milice de la chatelainie de St Jean Pied de Port ,lieutenant du roi en la citadelle de St Jean Pied de Port, magistrat en chef du dit "Pays de Cize"
et
Messire Clément ,Baron d'Uhart ,grand baillis du dit Pays d'Ostabaret ,commandant la milice d'icelui ,

"pour rétablir harmonie ,union et concorde entre voisins".

tout le gratin de l'époque des deux jointes fut aux manettes pour établir ce traité de compascuité définissant limites et règles de l'indivis entre les pays de Cize et d'Ostabaret .

Près de 14 jours de transaction, sur le terrain,à cheval, et en coulisses, furent nécessaires pour établir une solution convenable aux deux parties.
Sa signature fut soumise à QUATRE notaires royaux Mirande et Dutits de St Jean Pied de Port , Tonna de St Palais  et De Pourneau d' Ostabat.
Au passage, on  notera le terme employé " cour générale du pays d'Ostabaret" pour désigner la partie Ostibarret.

Les protagonistes et savanciers (nota: géomètres de l'époque) 


Savoir de la part

Du dit pays de Cize et de la ville de st Jean Pied de Port,

Le dit Seigneur baron de Lalanne,

Jean de Lafaurie seigneur de Socarro de la noblesse

 Les sieurs Mirande et Dutits notaires royaux de la ville de St Jean Pied de Port,

 Gorriateguy d’Uhart (Cize),

D’Etcheber de Gamarthe,

Diribarne de Bussunaritz

Et Espil de Sarasquette



Et de la part  du dit pays d’Ostabaret

De dit  seigneur baron d’Uhart,

Guillaume d’Etchepare écuyer, seigneur d’Etchepare d’Ibarolle, de la noblesse 

le sieur Gaphelu de la ville d’Ostabat, baron de la ville de Larceveau,

 Barnetche de la ville de Larceveau,

 Elissondo de Cibits,

Berhouet d’Hosta,

 Larrondo de St Juste

 Et le sieur Tonna ,notaire royal de St Palais
qui ont participé aux négociations sur le terrain.


les participants à l'ultime négociation


"six d’entre eux pour former un projet d’arrangement, savoir les dits"
sieurs d’Etchepare ,de Lafaurie Socarro ,Mirande , Elissondo, et Espil conjointement 
avec noble Arnaud d’Ilharre sieur de la salle d’Ilharre et de Gensane ,secrétaire des états de  Navarre et du dit pays d’Ostabaret 
(noter que les nobles sont nommés à part des maitres des maisons ou des barons des villes)

les rédacteurs

Henri de Lafutzun baron de Lacarre et autres lieux, qui a assisté à la plupart des opérations des commissaires   
encore de Messire Jacques de Monein commandeur d’Armendarits,  
Mathieu Mirande de la ville de St Jean Pied de Port et 
Salvat Tonna de la ville de Saint Palais ,notaires royaux sous signés et témoins bas nommés


Les signataires.


"Concernant les limites ,finages et confins de leurs territoires ,par vertu du présent accord et transaction ,laquelle sera homologuée où il appartiendra à la diligence et frais communs des parties ,et ensuite enregistrée aux registres des jointes du pays de Cize et ville de St Jean  et cour générale du pays d’Ostabaret ; dont acte fait et passé en présence de Messire Antoine de Lacarre ,prieur d’Utxiat ,Maitre Jean Pierre de Pournau ,notaire royal de la ville d’Ostabat et plusieurs autres voisines , et habitant des dits pays de Cize et d’Ostabaret ,ayant pour témoin Pierre d’Ipharhar de la maison de Cerratou du lieu de Lasse en Baigorry, Tristant  maitre d’Ithurbide du lieu de Bunus et Domingo Larramendy du lieu de Suhast en Mixe ,lesquels ont signé avec les sieurs commissaires qui savent écrire et assistant avec nous dits notaires ,qui avons retenu chacun minute du présent acte ".



Signataires à l’original.

Duhart, Lalanne châtelain de Navarre ,Lacarre ,d’Etchepare ,de Lafaurie Socarro, Dutits ,Gorriateguy ,D’Iribarne ,d’Elissondo, Monsieur commandeur ,d’Ithurbide ,Lacarre prieur d’Utxiat ,d’Ilharre ,Ipharhar, Pournau , Larramendy , Mirande notaire royal ,Sauveur Tonna notaire royal

Con illé à St Palais le 21 Novembre 1765

une analyse fine des divers signataires devra être entreprise ,car il résulte qu'il y existe "certaines participations croisées" dans cet accord ,comme par exemple des liens familiaux ,des éleveurs de porcs ou de moutons ,des commandants de milice (donc pouvant peser d'un poids stratégique) ,un représentant bien placé à la cour générale de St Palais , etc etc ...
C'est un travail d’enquête long et passionnant qui s'ouvre .....
On est à 34 ans de la révolution française et des signes d'affaiblissement de la noblesse se font sentir.





Les lignes ,les points et les bornes du QUINTO

Tout d'abord une précision importante ,les bornes et gravures retrouvées sont datées de 1900 ,sauf celle de Akokomunho sans date.
lors de l'établissement des cadastres communaux en 1840 ,les points d'inflexion qui contenaient le Quinto ont été reconnus non bornés .
Une laconique phrase revenait toute les quatre lignes :
"ce point sera ultérieurement borné"ou bien  "les bornes qui seront posées" .

Bref, rien de concret là dedans .
Mais les acteurs de terrain (bergers et gardes-forestiers )  savaient où  devaient se situer les points du Quinto.
En 1885 ,encore rien n'était visible sur le terrain.

Un fait inattendu vint troubler la quiétude apparente des lieux.

Dans une délibération de la commission syndicale de Cize , du 1er juin 1885 ,on apprend que 4 procès verbaux ont été dressé aux nommés Irigoin ,Lophisteguy et Etchegoin ,"sous prétexte que leurs bestiaux se trouvaient en territoire d'Ostibaret où ils ne payent pas de taxe" .

"vérification faite sur les lieux ,Mr le syndic est d'avis que les procès verbaux ont été  dressé à tort ,puisque ces bergers se trouvaient sur le territoire de Béhorleguy et dans la partie appelé Quint ,"partie qui relève bien plus de Cize que d'Ostibaret" puisque les contributions foncières sont payées par le Syndicat de Cize" .(sic !)

"A la suite des ces 4 PV ,une entente amiable a été tentée (avec Ostibaret) mais elle n'a pu aboutir en présence des prétentions contradictoires des parties" .

(Nota : on se la rejoue dans l’histoire et les mots employés sont quasiment identiques au préambule de l'accord de 1765. Les Barons d'Uhart et de Lacarre doivent se retourner dans leurs tombes  ).

la délibération se termine ainsi 
" Après l'exposé de Mr le Syndic ,à l’unanimité ,la commission estime qu'il y a lieu de faire trancher par les tribunaux compétents la question de propriété à l'occasion des quatre procès verbaux concernant les trois bergers. 
Ils devront procéder à une délimitation entre Cize et Ostibaret sur les limites de St Just ,Béhorléguy et Hosta et d'appeler s'il y a lieu ,à cette délimitation le pays de Soule ,qui a un point de confrontation avec les pays de Cize et d'Ostabaret.
Ont signés au registre : Aphat ,Etcheverry ,Bassagaisteguy ,Irey ,Iriart ,Unhassobiscay , Lascoity ,Irigoyen,Inda,Irigoin ,Ahamendaburu ,Irigaray ,Espil ,Ahamendaburu ,Elissagaray ,Etchebarne (d'Ispoure qui a déclaré ne le savoir),Peyrot ,Laco et Larrart".

LA MALEDICTION DU GEOMETRE

Par un extrait du registre des délibérations de la CS de Cize en date du 17 Novembre 1913 ,le syndic expose :

"il y a une quinzaine d'années (1898-1900 ??) un différend s'éleva entre l'Ostabaret et le pays de Cize sur une question de limite ,aux environs du cayolar de Gillenberro.
Après bien des discussions ,on décide de part et d'autre de créer un pays Quint embrassant le territoire contesté et d'en confier la délimitation à deux experts M.Heugas choisi par Ostabaret et Mr Iphar par le Pays de Cize.
Ces Messieurs se transportèrent sur les lieux et relevèrent exactement la topographie et fixèrent les bornes du Pays Quint.
Mr IPHAR fut chargé de rédiger le PV de bornage.
Il s'acquitta de sa mission ,en ce sens que son rapport ,très net ,très bien fait ,fut écrit par lui ,mais au crayon seulement ,en brouillon.
Il devait le recopier à l'encre quand il mourut .
Ce brouillon a été longtemps égaré .Il vient d’être retrouvé.Mr Heugas est prêt à le signer ,reconnaissant l'exactitude des affirmations qu'il contient.
Mais à défaut de Mr Iphar ,décédé ,qui apposera la seconde signature indispensable ?
Mr Dutey-Harispe propose de choisir Mr Caubère aujourd'hui inspecteur des Forets en retraite ,qui a été Garde Général à St Jean Pied de Port ,qui s'est trouvé mêlé aux travaux d'arpentage des deux experts et qui connait parfaitement la question..
L'Ostabaret n'a pas d'objection contre cette désignation .
Mr Caubère  ,à présent retiré parmi nous ,acceptera le mandat.
Sur cet exposé,la CS , à l'unanimité,émet l'avis de confier à Mr Caubère le soin de transcrire et signer avec Mr Heugas le rapport préparé par Mr Iphar sur la délimitation du PAYS QUINT établi dans la région du cayolar Gillenberro.
Ainsi délibéré et ont signé les membres présents,
MM Barnetche , Irigoin,Bègue,Cubiat ,Sallaberry ,Minhondo ,Etcheverrigaray ,Ahado ,Esponde ,
Dutey-Harispe ,Espil ,Irigaray ,Aldacourrou ,Etchepareborde ,Ybarnegaray

Absents ; MM Berçaits ,Oillarburu,Aldax ,Aramburu "

Nota : ces deux délibérations montrent bien que de génération en génération, un débat ou un problème peut  s'oublier très vite ou changer de sens .La genèse du problème est superbement ignorée de même que l'acte du 15/11/1765.
Mais la récurrence du problème ne devait pas être connu des membres de la CS qui changeaient assez souvent  .Entre 1885 et 1913 il n' y a aucun délégué commun à la CS  de Cize.

En fait le Quinto était définit par l'accord du 5/11/1765  et acté historiquement.
Ne subsistait que les problèmes d'abornement que la CS a confondu avec le PV de bornage et la création de l'indivis .
Le plan du Quinto avait été établi par ailleurs en 1830 par les géomètres du Cadastre lors de la confection des cadastres  dits "napoléoniens" de Hosta .

Le préfet des Basses Pyrénées ,A. de Beaumont par une lettre du 18 octobre 1830 écrit que "la lande qui est située entre les communes d'Hosta et celle de Béhorleguy est indépendante de leurs territoires ,....,la ligne de démarcation tracée  qu'après que le plan cadastral aura été levé .
Arrêtons que le PV de la commune d'Hosta est approuvé (le 2 juin 1830),sur la réserve que la limite avec Béhorléguy sera ultérieurement fixée et écrite par un PV complémentaire" .

Ce dernier PV fut écrit le 24 février 1838 ,adopté par arrêté préfectoral le 11 Aout 1838 et renvoyé aux parties le 4 juillet 1839.
Le rédacteur fut le géomètre du Cadastre Perret ,par ailleurs auteur de la première carte détaillée des Pyrénées Atlantiques.
Perret était assisté de Lopistéguy ,maire et Etcheverry et Jauréguy assesseurs.

Il semblerait que les géomètres Heugas et Iphar n'aient fait qu'aborner selon les indications du plan Napoléonien.
Quand nous avons commencé en 2014 ces recherches ,les bornes ou gravures ont été retrouvé sur les plans actuels numérisés avec une précision de 1m à 17 m par rapport, aux points fixés en 1830-1840.


Dès lors ,on comprend pourquoi les bornes ou gravures portent la mention "1900" qui ont été apposées lors du parcours de Heugas et Iphar. 



1- Gillenberro (croisement des droites issues des 3 bornes 11,12,13 ) (extrémité Est du Kintoa)

2- Akokoharri- ou Gonga (en époque moderne) (gravure)

3- Montsutalarre-ou Larrentzu (en époque moderne)

4- Olhobi Kaskoa (gravure)

5- Apessoro-Bidegain (rocher proéminent)

6- Burganze (extrémité Nord du Kintoa) pierre gravée aux 3 noms Ostibar,Quinto,Garasi

7- Etcheverry (coin de borde) pour tenir la droite du Kinto depuis la borne 6.

8- Buralde (fontaine de Buralde borda) (borne)

9- Azketa (fougeraie d'Ansola) (rocher gravé)

10- Argote (rocher gravé ,poste proéminent de surveillance de chasse ou canton dominant le sel d'Argote)

11- la pierre d'Esti ou d'Elçarre ou d'Olhatua (borne triangulaire Ostibar-Garasi-Soule mais comportant un chanfrein pour la dénomination Quinto)

12 - le rocher croisé d'Alhamendi (non repéré à ce jour)

13- Gillenberrosaro (rocher borné)

14 - Hostasaro (pierre borne taillée et couchée)

15- une borne sur l'ancienne limite Ostibar-Garasi près de Gillenberro.

16-Azarka Bizkarra (sur la limite Ostibar-Cize) : deux pierres gravées et une borne ciment entre Hosta ,Ibarolle et Bussunarits-Sarasquette (limite Ostibar-Garasi)

Chaque inscription gravée "Quinto" est toujours dirigée vers l’intérieur de l'indivis.
l'appartenance "Ostibar" ou "Garasi"est gravée sur la face opposée à celle gravée Quinto .
( on notera le gravage Soule pour la pierre triangulaire d'Esti)

1-GILLENBERRO

C'est la tête du Kintoa dans la direction de l'Est vers la Soule.
sa borne n'a pas été retrouvée pour l'instant .
sa définition est la suivante :
c'est le milieu de la ligne reliant les 2 points Gillenberrosaro(13)-le sommet d'Alhamendi (12).


Deux ifs se trouvent dans la zone prospectée qui pour le moment n'a rien donnée.
la présence de résineux à proximité des bornages a souvent été remarquée.

une borne devrait y avoir été posée au terme de l'accord de 1765 par les administrateurs lorsque ce point sera déterminé.
"afin de rendre la ligne plus apparente, ils en feront planter deux autres intermédiaires" (entre Elçarre-Esti-Olhatua et ce point-milieu )


la zone "tête du Kintoa".

description du point tête du Quinto .

En vertu de cette transaction dans les lieux désignés n’ont jamais été placées (les bornes) et que les administrateurs des pays d’Ostabaret et de Cize sont dans l’intention de fixer invariablement les points qui déterminent la ligne séparative des deux pays lorsque l’arpentage de la commune de Hosta aura lieu et qu’ils auront été graphiquement déterminé par le géomètre chargé de l’arpentage, nous avons examiné les lieux indiqués dans les titres et tracé notre croquis visuel ainsi qui suit.

Du point d’Olhatoua (Elçarre ou Esti) la ligne séparative se dirige sur un point au milieu de la ligne qui joint Alhamendi à Guillemberro, où messieurs les administrateurs feront planter une borne lorsque ce point sera déterminé et afin de rendre la ligne démarcative plus apparente, ils en feront placer deux intermédiaires.

De ce point il fut convenu entre les deux pays et cosigné dans la transaction de 1765 de reconnaitre comme indivise un vaste terrain connu dans le pays sous le nom de QUINT qui se termine au lieu appelé Burgancé mais comme d’après le règlement sur le cadastre il ne peut y avoir deux lignes séparatives entre deux communes et l’administrateur d’un pays ne voulant point céder à l’autre la juridiction de toute la partie indivise ,il a été convenu de la partager en deux parties égales en partant du point où elle commence et allant aboutir à l’autre extrémité au lieu dit Burgancé et d’attendre pour déterminer cette ligne mixte que le plan de toute la partie indivise soit levé .

Nous allons décrire ci ailleurs, la ligne qui contourne conformément à la transaction de 1765 le terrain indivis …..

La problématique de Gillenberro

Dans l’accord enregistré par Me Salvat Tonna  le 15 novembre 1765,
transaction passée entre le baron de Lalanne, châtelain et autre commissaire de Cize et St Jean (Pied de Port),
et le baron d’Uhart baillis ,autre commissaire du pays d’Ostabaret, on relève :

Article 1
« de la pierre borne triangulaire qui a été trouvé existante au quartier d’Elçarre dans un vide d’un petit vallon parsemé de bois de hêtres ,qui fait séparation du territoire du dit pays de Cize et d’Ostabaret d’une part et d’autre ,et de tous deux avec le pays de Soule ,le nouvel alignement qui fixera à l’avenir la séparation du pays de Cize avec celui d’Ostabaret ,ira directement à une borne qui sera plantée entre Alhamendichipi et Gillenberro saro au beau milieu en sorte que cet alignement partagera désormais en deux le terrain qui refermait jusqu’à la dite borne ,l’ancien alignement prétendu ,dont celui de Cize allait de la dite borne d’Elçarre au dit Alhamendichipi et celui d’Ostabaret partant de la dite borne d’Elçarre au dit Gillenberro saro ,et comme en deux bornes seront éloignées l’une de l’autre ,il en sera planté deux autres dans le même alignement pour en rendre la direction apparente de façon que la borne à planter entre la dite Alhamendichipi et Gillenberro sera la quatrième. »

Article 3
« Comme la bergerie de Gillenberro Saro, que le nouvel alignement laisse de coté de Cize et St Jean (Pied de Port), n’est exploitable pour les habitants que hors de l’hiver, et qu’elle peut être très utile dans la dite saison pour le dit pays d’Ostabaret il a été arrêté qu’il sera loisible aux habitants de ce dernier pays de l’exploiter les mois d’octobre, novembre et décembre de chaque année, ce qui a été convenu pour le maintien de l’union des parties »
(nota:ces trois mois correspondent à la période de glandage et de fainage ,glands et faines qui servaient à engraisser les porcs)
il faut aussi comprendre que la contestation a commencé à la pierre d’Esti (ou d’Elçarre ou Olhatua )

Ostabaret-Ostibar revendiquait la ligne « Esti-Gillenberro »
Et Cize-Garasi revendiquait la ligne « Esti-Alhamendichipi »

C’est pour cela que les administrateurs des deux territoires ont créé cette ligne fictive en prenant comme départ , le milieu du coté allant de la borne de Gillenberrosaro à la croix d'Alhamendi Chipy ,puis ont décidé de joindre ce point à la borne d'Elçarre ,reconnue des parties car elle concernait aussi la Soule en sa limite vers le pays de Cize et Ostabaret.



La tête du Kintoa se trouve à la moitié de la ligne Gillenberro saro à Alhamendi chipy .
Document de 1832,confirmé en 1938 ,

la limite communale Hosta-Behorlegi se trouve sur la ligne formée par la Borne Triangulaire d'Elçarre (ou Esti ou Olhatua, nom du cayolar en ruine qui se trouve à proximité) et la tête du Kintoa telle que nous venons de la décrire à la phrase précédente.
La borne triangulaire d'Esti porte le numéro 60 de la délimitation générale de la Soule.

Elle est appelée triangulaire car elle réunit ici les trois territoires de Cize ,Ostibarret ,Soule .
En basque Garazi, Ostibar ,Xiberoa.

extrait du PCN(plan cadastral napoléonien) de Behorlegi

les alignements de Gillenberro et la dénomination d'un point appelé Saro

autre agrandissement
 plan Eaux et Forets de 1911 comportant une bien curieuse remarque.
la ligne du Quinto et ses différents ponts (carte État Major 1861 prise sur le Géoportail)

état major 1861 : la borne nouvelle ne figure pas
par contre celle de Gillenberrosaro existe.
remarquez les 2 points cotés 1158 et 1148

2- Rocher de Ako ko munho ou Gonga

Après avoir traversé les sels d'Elhorta ,nous rejoignons le site d'Akokomunho .
La mémoire collective a remplacé ce mot ,remplacé aujourd'hui par Egurmendi ou Gonga.
Sur le plan de 1840 , il est indiqué :
"rocher portant l'inscription au Nord de Quint ,au sud celle de Garaci."

Un informateur me dit que le rocher est appelé Gonga de nos jours.

A propos du mot Gonga : il s'agirait d'une mesure de litrage, d'après le dictionnaire Lhande, correspondant à 28 litres.(en français la conque ??)
d'après Jakes Casaubon "Gonga" désigne la cuvette ou la doline du gouffre juste à coté de la gravure.
cels ou scels d'Elhorta en forme de huit

nous nous dirigeons vers Akokomunho

le site d'Akokomunho

La gravure se trouve près de l'épais buisson d'aubépine (elorri xuri)

Seule une bonne visibilité vous offrira la gravure recherchée en pleine figure.
Nous étions passés 20 fois devant ce lieu sans jamais la remarquer.

la gravure d'Akokomunho dans son environnement.
la position de la gravure est trouvée à 2 m de la position donnée par le plan de 1850 au 1/5000.
incroyable ....

Cette gravure n'avait certainement plus été admirée depuis des lustres.
"GARASI" est positionné au plus proche de Behorlegi ,
et toujours l'inscription QUINTO en direction de l'indivis ,comme indiquée dans le titre de 1765.
Pas de date trouvée près de la gravure.

Nous quittons Akokomunho ,nous nous dirigeons vers Hostasaro.


A coté des scels d'Elhorta les points Acocomunho et Hosta Saro

3- MONTZUTALANNE (appelé LARRENTZU en 2014)
il vaut mieux aujourd'hui évoquer le toponyme actuel car plus personne ne connait ni n'emploie le mot Montzutalanne.
Lu aussi sur un document le terme :Montsoutabourne ..
Sur le PV intercommunal de 1840 ,il est écrit "point de Moussutalarre ,point indiqué dans le titre où sera planté une borne"
un rocher proéminent aurait pu faire l'affaire.
Mais aucune gravure ou borne ne sera trouvée à ce jour .

le rocher de Larrentzu-Montsutalarre dans son environnement.
les points W de l'indivis du Kintoa Cize-Ostibarret apparaissent .
il s'agit des points Burgantzi-Buralde-Apessoro-Olhoby.

le point présumé de Montsutalarre se trouve dans ce carré de montagne.
Pour la problématique linguistique, d'après le dictionnaire Lhande," Munhatsa" est une colline ,"larre" désigne en montagne , un parcours libre .
larrentzu : petit parcours .

4- Le ROCHER d'OLHOBI

le document de 1850 d'Hosta évoque le "sommet d'Olhoby pris dans le point indiqué dans le titre qui porte rocher croisé en 1728 dans le quartier Larrenchu et Olhoby qui n'a pas été trouvé "
sur le plan de Behorleguy de 1850 ,on ne parle que d'un genévrier .
aujourd'hui "nada de nada"......mais l'entité géographique reste .
au point théorique ,le plus haut ,on trouve un aubépinier "elorri xuri".
qu'en penser?
une pierre dressée avec 2 légères entailles a attiré notre œil.
d'après le dictionnaire de Lhande, "Olho" désigne la folle avoine ,le "bi" final serait à attribuer au grain ......


le sommet d'Olhoby :des visites supplémentaires au peigne fin s'imposent.

Olhobi dans son environnement depuis le haut des palombières de Behorleguy.
on devine l'alignement Olhobi-Montzutalarre-Akokomunho .

il sera certainement bien difficile de déterminer ce point précisément.
le 5 juillet 2014 : retour à Olhobi
nous affinons nos mesures et nos hypothèses.

la théorie et la pierre dressée et taillée

la gravure est vraiment usée ,mais on devine quelque chose.....

vue depuis Olhobi.


5-ROCHER APEZBERRO -BIDEGAIN

Ou les difficultés de la recherche "in situ" .
Sur le plan de 1840 ,en notre possession, il était inscrit
"un rocher apparent xxxxx celui indiqué dans le titre ,qui n'a pas été trouvé,situé entre une prairie d'Apezberro et un pré de Bidegain"
D'après les indications de 1840 ,il avait été déjà était difficile d'interpréter la sentence de 1759.
C'est donc dans un certain rayon de recherches de plus de 100 m de diamètre que nous nous sommes affairés de fouiller.
Nous avons retenu une belle pierre remarquable et un peu plus lissée que le reste des pierres du coin,entre deux anciennes prairies, proche du mur qui fait séparation entre Lekunberri et Beorlegi.
Le suffixe berro est à rattacher au terme moyenâgeux de "broussaille" .(cf Orpustan)
C'est sur, il faudra revenir dans ces parages munis de renseignements supplémentaires.

la pierre présumée
hêtre près de la pierre d'Aphessoro -Bidagaina

la pierre dans son environnement :le champ d'Apesoro en bas et Bidegaina en partie désormais boisée ,mais un scel existe sur la parcelle

Apessoro-Bidegain désigné sur le plan de Lecumberry(la borne devrait se situer sur un coin du sel)

Apessoro-Bidegain désigné sur le plan d'Hosta

6-ROCHER DE BURGANZE

le rocher de Burganze (ou Burgaintzi) c'est le point le plus septentrional qui fut le point le premier recherché lors de nos pérégrinations .Les deux lignes Sud et Nord s'y rejoignent.
il porte les inscriptions "1900 -Garasi-Ostibar-Quinto"puisqu'il définit ces 3 limites.
En 1840 ,il est défini ainsi:
"point indiqué dans les titres sous le nom de rocher de Burgance" où Mrs les administrateurs de deux pays doivent planter une borne ".
le date de la gravure est 1900 .
c'est avec une certaine émotion que nous allons retrouver ce rocher.
Ce fut un jeu d'enfant,car il fut l'objet d'un mesurage antérieur en coordonnées spatiales à +/- 3cm .
Il n'en sera pas de même pour les 13 autres points (10 du Quint et 3 de croisements ) que nous nous sommes fixés de mettre à jour.
La roche de cette marque est en mauvais état , en train de se déliter sous l'effet des actions de l'eau ou de la gélifraction (2014) ,mais les inscriptions sont toujours visibles.
Il faudrait une protection en résine car son état de conservation est préoccupant.


le marquage Quinto sur le rocher de Burganze.
Ouf !! on a fait taire les septiques.
à coté ,Garasi gravé sur un mauvais calcaire .
sur l'autre face 1900-Ostibar
Cette roche dépasse peu du sol et est difficile à trouver sans coordonnées satellitaires.

face Ostibar

la face GARASI en train de se déliter

rocher de Burgaintzi sur le PCN de Lecumberry (PCN:plan cadastral napoléonien)

7- borde d'Etcheverry
Pas très loin de Burgance ,les rapports des années 1832-1845 porte mention d'une borde d'Etcheverry aujourd'hui sur la limite Hosta et Bussunarits-Sarasquette.

Elle soutient la droite issue du rocher de Burgance ,point extrême du fuseau du Quinto.
Un four à chaux agonise à coté de la borde.

Le coté de la borde qui fait le début de l'alignement sur le rocher de Burgantzi-Burgance.
La zone en forme de nez ,riveraine du chemin de Baratchar ,était celle qui comportait les fosses aux loups ,comme indiqué dans l'acte du15 Novembre 17.

8-FONTAINE DE BURALDE

Facile à trouver , il faut suivre le chemin rural de Buralde à la montagne .
il est écrit dans le titre "fontaine de Buralde" .
il existe une borne de cinquante cm de hauteur.
2 faces gravées : "Quinto" - "1900 Ostibar"

la face vers le Quinto

la face vers le syndicat d'Ostabaret

9-AZKETA (Asqueta)

située sur la commune d'Hosta à quelques distances de la ferme Ansola .
dans le PV de reconnaissance ,elle est située au dessus de la fontaine d'Asqueta ,dans un terrain d'Haraneguy ,en bord de la fougeraie d'Ansola.
Le plan de 1840 n'est pas trop imprécis sur sa localisation .
Le Géoportail de l'IGN nous place la borne à 50m du lieu où nous l'avons retrouvée sous un épais manteau de "sasi" et de broussaille .
La face "Ostibar -1900" est bien visible en direction d'Hosta.
la face Quinto en position horizontale s'érode inexorablement.
Son positionnement nous donnera bien des explications pour les recherches futures .
Il y a longtemps que personne ne l'avait pas remarquée .
Elle était connue de l'ancien patron de la maison Ansola ,Mr Uhart.


rocher caché dans les fougères aigles

la face Ostibar-1900 ,cachée avant notre venue sous les ronces et le maquis.

le rocher biface

la face quinto et la maison Ansola

la borne d'Azketa dans son environnement et les points les plus avoisinants.le Kinto se développe entre Montzutalarre et Alkorte

la borne d'Azketa ou point A sur le plan napoléonien et les emplacements des sources Asquette , Gasteluçarre et Anchola en limite de Kintoa ou incluses dedans.

la fontaine d'Azketa (foto Joanes Sorogain) ,enjeu majeur du Quinto.

10- Le rocher d'Halgorte

Sur le plan Napoléonien ,il est désigné "Hagorte".
Les gens l'appellent, de nos jours, Alkorte.
Ce qui est plus louable ,dans la mesure où ce rocher ,qui marque la ligne la plus longue du Kintoa ,se trouve au dessus d'un magnifique sel (scel ou kortia ou saroi ou sarobe comme nous les citons souvent dans ce blog) .
Pré entouré d'un mur de clôture , aujourd'hui envahi par la forêt.
La distance à la tête du Kinto (Gillenberro) est de 3.288 km environ.
Alde kortia : à coté du kortia ??
Point haut ,Alkorte devait être aussi un lieu de cantonnement de chasse.
La notion de cantonnement est applicable au point stratégique de la chasse au lièvre ou au loup très prisée au XIX siècle.
(le sanglier, espèce introduite n'existait peu en Pays Basque à cette époque) .

Le rocher d'Alkorte était recouvert d'un épais manteau de lierre .
(Une heure après notre arrivée la face Ostibar est dégagée)
Alkorte dans son environnement .Nous avons défriché l'ensemble du rocher.

la face versant kinto ,dégagée peu après .

Hagorte sur le plan napoléonien et la fontaine Usteburu comprise dans le Quint
 plan Eaux et Forets 1911 :les points sont notés ainsi que les cayolars avec leurs utilisateurs.


11-La pierre triangulaire d'Esti ou d'Elçarre ou Olhatua 
(déjà repérée par les géomètres en 1832)


vue vers Etxekortia (montagne de Soule)

la gravure vers la Soule-Xiberoa

la face vers Ostibar (le même graphisme que toutes les bornes trouvées depuis Burgaintzi-Burgance à 7 km de là ) la gravure date de 1900.

La facette (ou chanfrein) qui sert pour la détermination du milieu de la ligne Gillenberrosaro et Alhamendichipy , est gravée de la marque Quinto-Kinto .Cette borne ne fait pas partie territorialement du Quinto mais sert à définir l'abornement de 1759 et participe à la définition d'un des points essentiels du Kinto à savoir son extrémité Sud-Est.
De la vraie géométrie appliquée sur le terrain.


la pierre d'Esti ou d'Elçarre sur le PCN de Behorleguy

le cayolar Olhatua, mentionné dans les rapports de 1835, qui donne son nom à la borne toute proche .
(Elçarre ou Esti ou Olhatua)(olhatu en basque est un verbe qui désigne le fait de pâturer) .

12-la croix d'Alhamendi chipi

ici déception totale .
pas de marque flagrante.
Nous chercherons dans un rayon d'une centaine de mètres tout ce qui pourrait paraitre trace de gravage ou façonnage sur les roches environnantes.
Peut etre y a t il une erreur de situation sur les plans anciens.

le point théorique Alhamendi chipi.

A cet endroit se trouve une grosse entaille dans le rocher .
Peut être que cette entaille supportait une croix est aujourd'hui disparue.
Il pourrait s'agir de l'emplacement d'un signal ou balise géodésique antérieur .
En entrant dans ce trou , un tronc de bois droit ,à la verticale , étayé , peut se voir d'assez loin dans le secteur.
Ce signal devait faire la liaison entre Hosta et Harrozkoa.
C'est sur qu'il va falloir nettoyer des rochers par ici .

A cent mètres de là ,un semblant de marquage sur un point haut du plateau.
pure invention ?? ou l'ancienne marque du signal "n" dit Olhamendy dressé le 20 octobre 1839 lors de la triangulation de Behorleguy.
ce point est visible depuis Irati car il est plus dégagé et plus haut qu'Alhamendichipy.




Par contre ,à deux mètres près,selon les coordonnées CC43 ,nous retrouvons le vieux cayolar d'Alhamendi.
Alhamendi signifie en souletin , "la montagne du cayolar avec une charpente démontable chaque année".

13-Gillenberrosaro
(traduction :le cayolar avec le parcours de Gillenberro)
Ne pas confondre ce point avec celui de Gillenberro (article 1)
Grâce au berger actuel ,à l'éleveur occupant ,le rocher , repéré par les coordonnées , recouvert de mousse , il est dégarni en quelques minutes
Il laisse apparaitre les inscriptions invisibles à l’œil nu.(photo Joanes Sorogain)
Il est bien situé près d'un ancien corral naturel au bord du creux d'une doline.
Il a été retrouvé avec une précision de 2 mètres.
l'équipe de recherche
la face Garasi à peine visible
La face dirigée vers le Quinto.
Cette pierre n'est pas en limite du Quinto mais en marque un des alignements .

14-HOSTASARO

le point de délimitation entre Gillenberro et Akokomunho s'appelle Hostasaro.
"le cayolar d'Hosta avec son parcours".
il doit s'agir de celui dénommé Harrozkoa sur les cartes.
ce cayolar fut certainement celui de l'objet des disputes qui ont traversé le temps.
Aujourd'hui il est revenu dans le giron des bergers de Cize.
Il n'est pas rénové comme les autres cayolars de la zone Harrozkoa-Beorlegi ,ni desservi par l'eau.
cependant la piste y accède.

en 1824 , la présence de cette borne n'avait pas été évoquée.
Sur le titre d' Hosta, il est écrit ;
"Hosta Saro point évoqué dans le titre où Mrs les administrateurs doivent planter une borne"
Nous la trouverons avec une précision de 7 m par rapport aux coordonnées théoriques .
Après plusieurs échecs sur des points précédents ,
cela réconfortera nos sources et la fiabilité de nos titres et données.
"Hosta saro" signifie le parcours pastoral d'Hosta


la borne d'Hostasaro dans son environnement .vers l'Ouest.

la borne d'Hostasaro avec la marque QUINTO

la face Garasi était enfouie sous l'herbe

15-une borne intermédiaire entre Esti et Gillenberrosaro



cette borne nous a été indiqué par Dominique Zubiat ,le fils de l'ancien maire .

Quand on prend l'alignement Esti -Gillenberrosaro ,ligne revendiquée par Ostibar avant l'accord de 1759 ,on s'aperçoit que cette borne entrait complétement dans l'alignement.
Il saute ainsi aux yeux pourquoi la délimitation entre les communes préconisaient le planter de 2 bornes entre Estiharria et la borne de Gillenberro.

il existait déjà des bornages des 2 cotés des lignes Estiharria-Gillenberrosaro et Estiharria-Alhamendi.



la borne intermédiaire et sa gravure (expertage de 1741 ou de 1528 )

16-Azarka bizkarra

ici aussi l'affaire ne fut pas si simple. Pourtant sur l'acte de l'accord de 1759 ,un long chapitre est consacré à ce quartier aujourd'hui en désuétude.
Nous y consacrerons le moment venu quelques explications.
un grand remerciement à notre guide et au connaisseur de la zone Kaiet Harrispuru de la maison Olharria d'Hosta.

 "Azarka,Azarka,Azarka
usuer sekulan ez bakar"
chantait le bertsulari

"Azarka,Azarka,Azarka
jamais ne pardonne aux palombes"

Ces trois bornes alignées en moins de 50 mètres ,termes des communes de Sarrasquette ,Gamarthe,Ibarolle et Hosta furent certainement déterminées pour la possession des postes de chasse à la palombe ,dans le temps ,soumis à de grands passages et surtout pour limiter les accaparements de la maison Azarka ,située à 200m de là ,qui était tenu par des charbonniers qui devaient échapper à l'agrier.

Garasi-Cize (rocher formant limite de commune Bussunarits-Lekumberry-Hosta.

un rocher gravé tiré de la bruyère .

autre marque de la limite Garasi-Kinto,aujourd'hui cimentée.

Ce qu'il reste de la maison Azarka ,qui fit l'objet de tant de polémique au XVIIIième siècle ,
qui avait été construite dans les terres communes ,sans trop d'autorisation .
Elles étaient sans doute l’œuvre de charbonniers ,ce qui devait sans doute poser problème pour le paiement des impôts agriers puisqu'il s'agissait d'une occupation contestée.
(présence de hêtres têtards aux alentours)
Les charbonniers étaient une catégorie socio-économiques concurrentes aux éleveurs car elle utilisait le bois autre que pour le chauffage ,interdisant ainsi les défrichements.
Son importance était primordiale pour l'industrie minière (cuivre,fer,argent et  dérivés) en pleine mutation au XVIII ième.