dimanche 31 janvier 2016

Navarra : vuelta de las ermitas de Baztangoiza

Dans le dernier article de son blog Oscar Elorza nous a régalé d'une randonnée commentant le tour des chapelles du Haut Baztan.
Ce n'est ,tant soit peu, l'architecture des chapelles  qui constituera l'attraction principale de ce tour ,que les cheminements et liaisons entre les villages ou hameaux  qui permettent la réalisation de ce périple.

Ces cheminements  nous ouvriront les yeux pour échaffauder aussi des randonnées de part et d'autre de la vallée car ils échappent la plupart du temps au bitume qui a grandement envahi les parties basses du Baztan ces trente dernières années..
Et là on n'a pas été deçu.
J'avais été, dans le temps, échaudé par des liaisons aux environs d'Azpilkueta qui avaient fini au milieu des ronces,et avais ainsi décidé de ne jamais revenir dans ces parages.
Ce qui parait évident aujourd'hui grace à la militance des marcheurs de Baztango Mendizaleak et à leur travail de récupération des sentiers,ne l'était pas il y a 20/25 ans ,quand l'agriculture et l'élevage fermaient la campagne à tout crin.
Il existe, dans cette randonnée, au moins 50 changements de direction , de carrefour ,de chausse-trappe à négocier avec exactitude .
C'est pour cela qu'une description détaillée n'est pas opportune ,quasi impossible ,car l'oubli d'un détail aurait tôt fait de vous envoyer ailleurs et vous fairez perdre le fil d'Ariane du tracé par la carte.

L'itinérance passe par des hauts lieux historiques liés à la couronne et à l'histoire de la Navarra.(divers palais dont celui de la famille de St François Xavier ) .On s'arrêtera devant une multitude de maisons nobles ,des casa torre ,de casa fuerte ,un réseau de moulins ,des chemins dallés ,des bordes ,des bordaldes, des maisons souches et autre architecture civile ,religieuse ou militaire.
Par moment, on se laisse à rêver de ces paysages pratiquement inchangés depuis le XVIIème siècle.
Dommage que l'électrification anarchique ait défait l'harmonie des certains passages.

Et puis nous accompagnera, durant ces 6 heures de marche ,le souffle de la littérature puissante de Félix Urabayen qui nous imprégnera  des lieux que Pedro Mari ,Ruth la cagote,Echenique ou Izurdiaga le danseur , personnages du roman "Barrio maldito" traversaient à chaque instant.

Nous retrouverons aussi la réalité de l'écrit des leçons didactiques du père Zudaire (l'historien du Baztan).
A l'ombre des sentinelles Gorramendi ,Autza,Burga,Erkiza et Alkurruntz, le randonneur pourra ainsi utiliser une journée à découvrir un Pays Basque aux architectures riches et puissantes ,aux rapports de voisinage conservés par des dizaines de cheminsen état ,à l'accueil touristique élaboré de façon discrète.

On comprendra aussi la sociologie de la culture baztanaise où la terre n'a pas été divisée et privatisée à outrance permettant ainsi la liberté de circuler dans la zone intermédiaire .

Baztan est encore composé de 80% de terres communes .La survivance du Baztarre et de l'Université se lit encore dans ces paysages.
Cette leçon d'histoire couvrant du Moyen Age à nos jours ne saurait être oubliée au rythme du pas tranquille que cette Nature inspire.

les points remarquables

PK0.00   Eglise d'Amaiur (départ)
PK0.60   chapelle NS del Pilar (Amaiur)
PK4.52   chapelle Santiago (Urrasun)
PK7.72   chapelle san Fermin (Azpilkueta)
PK8.54   chapelle Francisco Javier (Apaioa)
PK13.64 chapelle San Cristobal (Arizkun)
PK15.80  chapelle NS La Dolorosa (Gorostapalo)
PK17.73 chapelle san Gregorio (Iñarbil)
PK19.6  chapelle San Pedro (Erratzu)
PK22.30  chapelle San Miguel (Bozate)
PK23.05  Sta Ana et palais d'Urtsua (Bozate)
PK29.60  Eglise d'Amaiur

PS : il existe de nombreuses casas rurales le long du parcours : bars accueillants  à Arizkun et Errazu .
le cheminement
les métas de fougères : un savoir faire traditionnel du Haut Baztan
petit matin à l'ombre d'Autza
montée vers Azpilkueta
Azpilkueta : le fronton est situé dans l'église.C'est  la confirmation d'un pouvoir religieuxqui avait l'oeil sur tout.Le sens du commun commençait à la porte de l'église.
moulin d'Apaioa
Azpilkueta à l'abri de la montagne Gorramendi en fond.
les chemins de pierre d'Iñarbil (architecture celte ??);dommage pour les poteaux électriques..
Gorostapalo : un passage entre deux défrichements du XVIIIème
la ferme de d'Erratxurizko Litxuatokia : symbole de l'avancée des maisons souches de la vallée vers les montagnes.Isolée sur ses 7 hectares de verdure dédiés à l'élevage.
ermita San Pedro (les 10 chapelles se ressemblent étrangement comme si un plan d'ensemble avait été échafaudé par un seul maitre d'oeuvre)
le palais d'Urtsuia à Bozate (architecture civile et militaire)
voie pavée du Haut Baztan (utilisée pour du portage minier ?? vers les forges de Baigorry ou d' Urdax)
la machinerie d'un vieux moulin

  • Nombre de points de trace : 750
  • Longueur de l'itinéraire : 25.59 km
  • Nombre de waypoints : 18

Calculés avec un seuil de 5 mètres et un lissage sur 5 points
  • Denivelé positif cumulé : 699 m
  • Denivelé négatif cumulé : 708 m
  • Altitude maxi : 438 m
  • Altitude mini : 241 m
  • Altitude moyenne : 331 m

  • Temps non fournis
  • Trace uploadée le 31.01.2016 à 19:14:56
  • Titre : Navarra : tour des chapelles du Baztangoiza
  • Activité : Randonnée Pédestre
  • Description :
    tour des 4 villages de la haute vallée du baztan en Navarra (Baztangoiza)
    10 chapelles ou ermitas dédiées aux cultes locaux des villages d'Amaiur,Azpilkueta,Arizkun,Erratzu et des hameaux d'Apaioa,Urrasun ,Gorostapalo,Iñarbil,Bozate,Zuaztoi,Arribiltoa.
    Tour inspiré par Oscar Elorza,Isabel Aleman ,Pedro Lopez et le père Zudaire ,historien du Baztan. Hommage à Felix Urabayen dont le roman "El barrio maldito" a ému les aficionados de ce coin de Navarra.(réédité en Fr par les éditions Iru Errege à Bayonne-réédité en castillan à Elizondo en 2015).
  • le présent track comporte quelques aménagements par rapport à celui de son créateur.


mercredi 20 janvier 2016

Ouarnède 1973-1980 :mémoire du Groupe Spéléo des Pyrénées

Agur deneri ,

Rescapée d'une dizaine de déménagements ,  d'un aller simple vers une déchetterie,cette collection de la revue Ouarnède fut publiée à Toulouse entre 1973 et 1980 par le groupe Spéléologique des Pyrénées.
Ce club avait été fondé en 1970 par dix passionnés en la matière, tous issus, des quartiers de Rangueil et d'Empalot à Toulouse.

Pour inscrire leurs activités dans le temps ,ils créerent une revue du nom d'Ouarnède en relation avec le karst qu'il explorait "la Coume di Ouarnède" sur les communes d'Arbas et Portet d'Aspet (haute Garonne) , sous lequel se déroulait une des plus longues cavités de France de l'époque .

Début 2016 ,heureusement un scanner dernière génération,rapide et double face , m'était livré .
Quelques minutes après, 13 PDF sortaient, en bonne ordre, concaténés par cette sacrée machine.

Stéphane Boyer ,actuel président ,m'accorda bien vite l'autorisation de (re) publier cette collection pour le WEB ,ainsi divulguée alors qu'elle avait aussi disparue des archives associatives.

Ces archives démontrent la vitalité du club G.S.Pyrénées à travers  ses découvertes ,ses explorations et ses activités , oeuvres d'une bande de jeunes , tous issus de banlieues toulousaines , pas très huppées à l'époque.
Ils avaient été formés ,  puis initiés, par des transfuges de la spéléo nimoise et toulonnaise ayant rejoint la région toulousaine  pour des raisons professionnelles.(eldorado informatique)
Cette mayonnaise faite de jeunes adolescents, anciens scouts pour la plupart, et de trentenaires  pétris de la culture de l''escalade méditerrénéenne (Rébuffat-Livanos) ou des mythes de la spéléologie des années post-marteliennes  (Chevallier-De Joly -Trombe-Casteret ) bouleversa rapidement  les traditions et les usages anciens dans la région.

Le GSPy contribua à l'essor de cette "movida" concernant l'exploration souterraine des Pyrénées.L'heuristique des impétrants ,avides de découverte,fut le ciment de cette équipe .



Aidés par la technologie alpine des années 1970 (descendeur Petzl , frein Dressler,kit-bag Marbach ,Jumar suisse ,combinaison Texair ,sous-vêtement polaire Damart ,ceinture Gibaud,encrages Spit,corde en kevlar,nourriture lyophilisée)  et par les techniques de cordes mises au point par l'EFS* , ces explorateurs repoussèrent en quelques mois, les limites de la spéléologie conventionnelle .
Les découvertes s'enchainèrent.

Pendant la période que j'ai connue (1971-1983), une multitude de premières et d'inventions  changèrent  la vision des Pyrénées Souterraines qui prévalait jusqu'alors .

Des dizaines de nouveaux puits ,entre 10 et 350 m ,des dizaines de kilomètres de méandres et de galeries furent inventoriés,explorés.Les prospecteurs  arpentaient tous les massifs karstiques français et espagnols ,d'Est en Ouest,du Piémont jusqu'aux Sierras Exteriores.
Les cartes géologiques étaient revisitées afin de connaitre, dans les détails, les structures faciales des massifs ,leurs failles ,leurs diaclases ,leurs pendages d'écoulement ,leurs orientations statigraphiques.

Chaque fin de semaine ,chaque été amenait son lot de nouveauté,de découverte,
toutes aussi extravangantes les unes que les autres.
Normal pour une génération nourrie au Gerblé et abreuvée à la poudre de Tang.
Ce milieu était aussi restée à l'écart de la fumette ambiante.

En 1930 ,le plus profond gouffre dans les Pyrénées s'appelait le gouffre Martel (-300 m).
En 1975 ,le réseau de la Pierre St Martin ,avec la découverte de nouveaux réseaux, atteignait -1300m et dévelloppait 30 kilomètres.

Les massifs de la Coume Ouarnède (Aspet-31) ,du Taillon-Gavarnie ,du Visaurin (Aragon) et les piémonts ariégeois et haut-garonnais ont été autant de terrains de jeu de ce club bouillonant.

Le massif de la Coume Ouarnède et ses 100 km de galeries horizontales ou verticales (en 2016) est un des cinq massif les plus étendus de France.
Dans le Top 50 des massifs européens ,sa connaissance se révèle importante de nos jours pour la gestion des eaux souterraines tant du point de vue de leur potabilité que dans la gestion des crues du bassin versant du Salat.
En 1970 ,l'ensemble des galeries connues n'atteignaient pas les 15 km.En 1981 ,le dévéloppement du réseau frisait les 51 km.En 2016,il dépasse les 100 km.
L'adjonction de nouvelles galeries ne fut pas l'oeuvre que du seul GSPy ,mais le mouvement de fond avait révélé de nouveaux acteurs et explorateurs.

La revue Ouarnède, confectionnée au tire-ligne et à la planche à dessin,  était assemblée par une petite équipe de bénévoles à une époque où DAO et CAO étient totalement inconnus.
Le noyeau dur de la rédaction fut assuré par Alain Fort (imprimeur de métier) ,Maurice Duchêne ,Jacques et Serge Castaing ,Mario Delail , Bernard Auriol ,Pierre André Drillat  et Marc Garcia.

D'autres membres firent un passage par la conférence de rédaction où "Duduche" faisait bouillir la marmite et enguirlandait son monde : Bernard Lesage Tony Marin ,Yves Besset ,Daniel Dreuil,Jacques Lottin ,Axel Galet

Jacques Jolfre assura toutes les photographies de couverture de main de maitre , avec ses Zeiss ,Leica ou Rollei 6*6 (en NB qualité professionnelle).

On retrouvera dans cette mise en ligne , outre celles des membres du G S Py , quelques plumes de l'époque qui avaient des accointances au sein de  la rédaction d'Ouarnède : Gérard Propos (FFS), Kurt Diemberger (vainqueur du Nanga Parbat) ,Norbert Casteret (écrivain) ,Jacques Jolfre (écrivain),  Lucien Gratté (préhistorien),Jean Pierre Monteils (FFS) ,Louis Ségura (SCComminges),les dessinateurs Reiser et Orengo, Serge Puyoo (hydrogéologue), Francis Bugat (inventeur) , André Clot (préhistorien) ,Michel Douat (Arsip) ,Raymond Monteau (Marseille),....
On connaissait du monde.

A part la revue fédérale Spelunca ,réservée aux articles gindés et scientifiques,une multitude de  revues de club sont nées à cette période dans l'espoir de se faire connaitre ou de  financer leurs recherches. 
La revue Ouarnède  reçut le prix "Edouard Alfred Martel" de la FFS en 1980 pour l'ensemble de ses publications.

Que cette scannérisation puisse profiter aux amoureux de cette merveilleuse science qu'est la Spéléologie et que ces rudiments de connaissance des Pyrénées souterraines apportent aux chercheurs , aux amis ou adhérents, actuels ou passés, du Groupe Spéléologique des Pyrénées de Toulouse ,l'information qui leur manquait.

N'oublions pas ,que derrière ces lignes, ce sont inscrites, outre les belles pages de l'exploration des Pyrénées ,d'inoubliables histoires humaines, pleines de rire ,de drame et d'amitié.

Ainsi va la vie ,ainsi allait nos vies .

 Ongi izan,hasta pronto
El eslabon vale nada ,solo cuenta la cadena.

Arroil  (le 2016/01/20)

EFS :* Ecole Française deSpéléologie fondée par Michel Letrone et les écoles lyonnaise et grenobloise de spéléomogie.

Pour l'exploration de la Coume Ouanède et du massif karstique d'Arbas ,il existe 3 ouvrages de référence,malheureusement épuisés, qui renvoient à une très large bibliographie .(300 références).Il serait bon de les republier aussi.

1-La Coumo d'Hyouernèdo (Réseau Félix Trombe-Henne Morte-Massif d'Arbas) par Maurice Duchêne et Pierre André Drillat (ed.GSPy - Toulouse) 1982-p 346-volume I
2- La Coumo d'Hyouernèdo (Réseau Félix Trombe-Henne Morte-Massif d'Arbas) volume II-1988
ouvrage collectif édité lors des journées Félix Trombe .
3-Réseau Félix Trombe-Henne Morte -synthèse topographique et des explorations du karst d'Arbas - par Sylvestre Clément et Pierre Vennareci (ed. CDS 31 ) 2003-p 351

les exemplaires de la revue Ouarnède (1973-1982)

Ouarnède 01
Ouarnède 02
Ouarnède 03
Ouarnède 04
Ouarnède 05
Ouarnède 06
Ouarnède 07
Ouarnède 08
Ouarnède 09
Ouarnède 10
Ouarnède Hors Série taillon 1974
Ouarnède Hors Série taillon 1975
les activités du G S Py à travers les articles de la Dépêche du Midi entre 1971 et 1980
journée Felix Trombe 1988 Tome I .
journée Félix Trombe 1988 Tome II