mercredi 21 décembre 2011

ARAGON :Peña Telera, versant barranco del Puerto

La sierra de la Partacua doit surtout sa renommée à tous les couloirs de glace qui filent le long de son imposant versant nord entre le canal de la Forca de Cobacherizas (ou Cavichirizas) et le canal del Ganado ,point de passage vers la vallée d'Acumuer-Aurin, au dessus de Sabiñanigo.

L'hiver ,les alpinistes des deux cotés des Pyrénées s'y agglutinent  au point que certains couloirs ressemblent à de véritables autoroutes.
Les plus connus sont le Z, le Y, Maribel, Watade, Aller et la Gran Diagonal Norte.
L'épaule Rabada vient compléter cette brochette de voies fameuses mais ultra fréquentées passages obligés de l'alpinisme hivernal en Pyrénées.

Une de ces entailles était anciennement dénommée "la canal de Millars" puisant ainsi son origine au fin fond du panthéon  ,puisque ce Millars (ou Millaris) est une figure mythologique des Pyrénées .
Agé de mille ans ,on l'associe à la maitrise des caprices du ciel ,à un faiseur de pluie ou provocateur de la neige.

Il faut dire qu'elle est imposante, cette falaise ,haute de 700m en moyenne, où calcaires gris du néocrétacé (Cénomanien à Santonien) ,  grès campaniens et maastrichiens (ou grès du Marboré), calcaires gris clair du paléocène se chevauchent en une couverture discordante sur près de six kilomètres de long.

Ce complexe plissé est à mettre en relation avec les nappes plus orientales du Mont Perdu et du Cotiella.
Partacua fait partie intégrante de l'ensemble des sierras extérieures qui vont de Montsech (Catalunya) à Alano (Aragon-Anso).

Dans l'ordre, d'Ouest en Est , la liste des proéminences peut se décliner ainsi.
(les orthographes variant d'un auteur à l'autre,des éditions Prames à l'IGN )
(exemple : il existe ainsi 2 peñas Retoña, distantes de près de 2 km)


Pala de los Rayos 2.646

Peña Retona 2.775

Punta Puerto Rico 2.753

Balcón de Pilatos 2.358

Peña Puerto Rico 2.599

Pabellón 2.707

Punta Plana 2.622

Peña Gabacha 2.206

Pico Retona o Peña Zarrambucho 2.571

Tríptico 2.622

Cima sin Nombre 2.607

Capullo 2.652

Peña Telera 2.761

Peña Parda o Peña de Cachivirizas 2.661

Corona del Mallo 2.536

Peña Blanca  2.513 

La randonnée du jour se propose d'accéder à  Telera ,point culminant de la cordillère de Partacua par le sud où s'écoule le barranco del Puerto.
Les choses ne commencent pas simplement.
Pour accéder au refuge del Puerto ,il faut obtenir le précieux sésame de la municipalité de Biescas qui permet d'ouvrir la barrière de la piste du pinar de la Acuasta.

Clef et autorisation écrite .Il faut décliner ses identités in extenso et même se rappeler des dates de naissance de ses parents. Une caution vous sera exigée.2 autorisations sont données quotidiennement ,à prendre à l'OT de Biescas à des heures dignes de la bureaucratie russe.

Celle ci se trouve sur la route d'Aso de Sobremonte à 3.5 km de l'embranchement de la route du Pourtalet.

Après un parcours sur une piste d'entretien moyen, de 10 km environ, votre véhicule vous dépose devant le refuge del Puerto qui est, en fait, un abri pastoral.
Une source est disponible rive droite, à quelques hectomètres du refuge versant peñas de Aso.(attention toutefois zone pastorale très fréquentée).

Le refuge est dominé par la muraille de las Forquetas de las Palomas au nord,
Elles semblent difficile à franchir.
Le passage s'effectue par la grotte del Forato, située à quelques centaines de mètres du refuge .

cette grotte était difficile à trouver, il y a quinze ans,
mais aujourd'hui les buis,qui la cachaient , ont été  taillés par des montagnards locaux car de nombreux visiteurs se perdaient à la descente et finissaient dans des positions scabreuses .
Elle est donc un peu moins difficile à trouver de nos jours grace a l'internet et au track ainsi disponible.

Une escalade intérieure facile permet d'atteindre la bouche nord et de s’extirper des ténébres.

Commence alors une raide montée à travers un grand éboulis pour atteindre la proéminence rocheuse de la Peña de Cochaldo.(source à proximité)
En traversée ascendante on trouvera plus loin les rochers de la Tasca d'Espelunga .
Ici le toponyme Espelunga (du latin : spelunca) rappelle les grottes et gouffres qui parsèment les lieux.

Le terrain devient moins raide ,voire plat.
Le cubillar del Portiecho est sans doute un endroit qui servait à regrouper les troupeaux.
Devant nous,maintenant se dresse la peña Cobacherizas (ou Cachivirizas ou peña Parda selon les cartes ou les auteurs) et son col immense éponyme à l'Est qui sert de passage vers le nord, vers l'ibon de Panticosa (lac).
 L'edelweiss et l' iris abondent en cette saison avancée.
Après avoir longé les falaises de la Peña Blanca et de la Corona del Mallo ,par ces pentes toujours aussi raides, on parvient au col de Cobacherizas (ou Cachivirizas).
On en prend plein la vue.
La zone axiale ,devant nous, s'étend d'Ezkaurre jusqu'à la Munia.
L'Ossau domine et l'on pourra comprendre aisément qu'il est le restant d'une grande caldera effondrée à sa forme inclinée vers l'Ouest.
Nous continuerons, par le nord ,en longeant la faja de Cobacherizas .
Le sentier s'est ,depuis notre dernière visite, considérablement élargi,
mais le vide se fait toujours sentir au dessus de la vallée de Piedrafita.
(vertigineux)
Après avoir traversé la falaise à sa base ,on arrive dans un petit cirque ; le sentier alors suit l'axe de la combe en obliquant plein sud.
L'escalade y est simple.
On se retrouve sur un replat.
A gauche direction peña Parda ,devant nous le col entre Telera et Parda qui nous servira à la descente ,à droite Telera qu'on devine .
L'aventure n'est pas, pour autant, finie.
Il restera 200m de dénivelé pour atteindre le sommet de Telera marqué par un repère géodésique.
Vues très larges d'Est en Ouest.

En hiver, l'endroit a une autre mine et les lieux patibulaires .
Vaut mieux les éviter.
L'accès ou la descente d'hiver de Telera se trouvent au Sud , où il existe un point faible dans la paroi,qui défend la Peña Cobacherizas.
Retour par les vallées du plan de Zarrambucho et d'El Calcin.
Là aussi, ne pas suivre les parcours vers le sud , les plus marqués par  des traces de brebis et de chèvres .
Partir bien à l'Ouest, depuis le col situé entre la Telera et la Parda, jusqu'au plan de Zarrambucho.
Peu de cairns.Sens de l'orientation requis.

Il faut presque atteindre les pieds des  peñas Zarrambucho et Retoña (appelée aussi Peñas de Igues).
Le piton de Acumuer ou Peña Gabacha ,altière cime, ferme la vue sur le barranco del Cecutar ,plus au sud.

De magnifiques vaches "parda" et chevaux noirs viennent passer leurs quartiers d'été.
L'eau en zone karstique est rare.
La sente suit un tuyau de plastique noir qui alimente les abreuvoirs plus bas sur les herbages d'El Calcin.

Sur la paroi de gauche ,l'immense porche de la cueva Zarrambucho constituera un abri en cas d'orage.

La descente très casse-pattes (rompe piernas) nous mène jusqu'au Plan de Usabas où un refuge sert l'été de camp de base à l'équipe de spéléos de Valencia qui explore les flancs sud d'Acumuer.

Gentiment, ils prendront le temps de nous expliquer leurs recherches sur ce réseau long de 18 km et plus de 800 m de profondeur.
Impressionnant !!
Ils nous indiquent la source d'eau fraiche à la base de las Espedrugueras (les éboulis).
En suivant le bas des peñas de Aso,rive droite, nous retrouvons, en suivant le fil de la vallée, le refuge del Puerto que l'on aperçoit au dernier moment.

PS 1 :Peña = rocher
PS 2 : référence bibliographique Miguel Angulo ,1000 ascensions,T I ,p 141
PS 3 : remerciements éternels à Christian S. qui m'a amené ici la première fois , il y a bien longtemps, sur ces sentiers rudes, mais remplis d'enivrantes odeurs et d' horizons inachevés.

refuge del Puerto

l'emplacement de la grotte del Forato, vue depuis le refuge,dans une forêt de buis.
entrée de la grotte del Forato au milieu des buis
 entrée
premiers pas dans la grotte
au milieu de la grotte
escalade vers la sortie
bord du trou
vue de dessous
 la grotte del Foratopassée  ,nous nous dirigeons vers la peña del Cochaldo par des pentes raides
peña del Cochaldo I
peña del Cochaldo II
la Tasca de Espelunga
la peña Cobachirizas (ou peña Parda) et Telera, au second plan, se dressent devant nous .
Derrière nous ,la vallée del Puerto s'éloigne .(cubillar del Portiecho).au fond le Tozal de Guara.

passage sous la Corona del Mallo
 col de Cobachirizas ou Cachivirizas ou Covichirizas (arrivée par le sud) I
 col de Cobachirizas ou Cachivirizas ou Covichirizas (arrivée par le sud) II
col de Cobachirizas ou Cachivirizas ou Covichirizas;en fond Balaitous ,devant l'ibon de Panticosa
la faja de Cobachirizas I
la faja de Cobachirizas II
La faja de Cobachirizas III
 la faja de Cobachirizas IV
  la faja de Cobachirizas V
  la faja de Cobachirizas VI
   la faja de Cobachirizas VII
   la faja de Cobachirizas VIII : la Corona del Mallo
la faja de Cobachirizas IX : le couloir qui mène au sommet de Telera
 les dernières pentes d'accès à Telera dominant les barrages de Bubal et Lanuza.au fond les Infiernos.
sommet de Telera I ,devant la Collarada.
sommet de Telera II : vers Oroel
sommet de Telera III : le Jean Pierre
sommet de Telera IV ; peña Montanesa (L'Ainsa)

descente vers le plan de Zarrambucho I (derrière nous, Peña Parda)
descente vers le plan de Zarrambucho II
descente vers El Calcin :la cueva de Zarrambucho
el piton de Acumuer ou Peña Gabada depuis le plan de Usabas
le plan de Usabas et son refuge .la source se trouve dans le virage deu cours d'eau au centre de la photo.
2011 : année exceptionnellement hâtive pour la végétation
agnafalium leontopodis
le sésame de la mairie de Biescas I
le sésame de la mairie de Biescas II
mapa I topopirineos III
mapa II topohispania
 mapa III 25K Sitar
mapa IV : Topopirineos III (vue élargie)
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