mardi 16 mars 2010

Baigorritzuli :étape 5 :de Banka à Baigorri :Bankatik Baigorrirat




Aujourd’hui c'est une étape du Baigorri Tour ou Baigorritzuli que nous avons parcouru.
Projet né cet automne dans la tête, des marcheurs d'Auñamendi
Ayant un peu l'aversion des sentes balisées, à l'image de la haute route cathare
En Catalunya, non institutionnalisée, où le montagnard se débrouillera avec les hébergements,
Et la signalétique et où les seules indications seront la toponymie de la carte, le track GPS
Et un bon sens de l'orientation.
6 étapes pour traverser la vallée de Baigorri en partant des gites Auñamendi à Bidarrai
Pour revenir à bon port 6 jours plus tard.
Le cahier des charges ; gravir tous les sommets du bassin versant, relier tous les villages et parcourir
Tous les affluents encadrants par les sentiers les moins courrus.
Une bonne connaissance du milieu était nécessaire pour concevoir et réaliser ce petit tour de près de 120 km.
Pas de temps imposé, juste des indications topographiques et surtout pas d'explications didactiques où l'on se perd à partir de la dixième ligne.
Bref, c’est un itinéraire montagnard au milieu de la moyenne montagne.

Je pense que nos successeurs ne seront pas déçus.
Nous ne mâcherons pas le travail, nous préférerons le contact avec les habitants pour se diriger.
Car cette vallée est vivante. Des fermes sont habitées et viables jusqu'à 700m d'altitude.
Des producteurs et transformateurs de cochons, de brebis et de fromages organisés en filières bio ou traditionnelle ont renouvelé depuis vingt ans la vie agricole de la vallée.

Il y a, en vallée de Baigorri, des itinéraires et chemins à réhabiliter
Que seuls empruntent pour l'instant les chasseurs de bécasse ou de sanglier surtout dans la "zone intermédiaire" qui sont en train de se perdre pour cause de non fréquentation.

Que les marcheurs repassent dans les pas du peuple des bergers
Qui ont façonnés ces paysages depuis 4000 ans
C’est notre souhait le plus cher et le sens de cette trace à suivre  voire de contourner et d'améliorer.



Cheminement de l’étape V :
Banka,le fronton,la place, hôtel Erregina,Bixar,Ohakoa,Iramebakoborda,Antxartekoborda,
Mintxondo,traversée vers Asundreikoborda , Arête d'Espila,Adartza,(sommet,gailurra)
Arrolako harria, Urdiakoharria,col d'Urdantzia,Urdantziakolepoa,Munhoa,Artzainharria,ruisseau d'Harribeltz,
Harribeltzakoborda,Moxogaraia,Luisenea,Ibarrenekoborda,Germieta (hameau avec chapelle),
Xerberoenia (Aparain erreka) Munixta,Oronozia, Le pont de Baigorri ,Herriko etxea, la place (fronton).


Ce dimanche nous avions un peu la gueule de bois.
Une icone de notre génération de quinqua avait disparu la journée précédente.
Jean Ferrat venait de mourir.
Triste à l'idée qu'il allait rejoindre le panthéon des poètes-chanteurs : Brassens,Brel,Ferré,Caussimon,Vian,
Nougaro,Tachan,Piaf,Magny qui a bercé notre enfance et jeunesse.

De Ferrat on retiendra qu'il avait parlé aux classes populaires
De Louis Aragon, Paul Eluard, Elsa Triolet, Pablo Neruda,Victor Jara, Federico Garcia Lorca, Pablo Picasso.
Sans lui lequel d'entre nous aurait connu ces talents de la culture ou du surréalisme ?
Merci Jeannot et en plus tu nous a laissé cette chanson "la montagne"
Écrite dans les années du boom de l'exode rural.
L’exode, cette rupture avec 25 siècle d’existence ,de luttes et de droits chèrement acquis, a tant marqué les régions montagnardes, pré pyrénéennes, préalpines ou cévenoles, et dans laquelle, pas mal d’entre nous s’est identifiée par son histoire personnelle ou familiale.


La montagne        
Paroles et Musique : Jean Ferrat 1964
             
Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné                            (* formica : mueble industrial)
Les vieux ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre                          (* tomme: forma del queso artesano)

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes                                      (murettes : tapias)
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importent les jours les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S'il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie, ils seront flics ou fonctionnaires                 (flic : guarda civil)
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.                    (HLM :vivienda popular subvencionda por l' Estado)
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?



Un jour un jour          
Musique : Jean Ferrat
             
Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au-dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais, je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porte sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Quoi toujours ce serait la guerre, la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jetés ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche


Federico Garcia Lorca        
Paroles : C.H. Vic. Musique : Jean Ferrat   1968
             
Les guitares jouent des sérénades
Que j'entends sonner comme un tocsin
Mais jamais je n'atteindrai Grenade
"Bien que j'en sache le chemin"

Dans ta voix
Galopaient des cavaliers
Et les gitans étonnés
Levaient leurs yeux de bronze et d'or
Si ta voix se brisa
Voilà plus de vingt ans qu'elle résonne encore
Federico García

Voilà plus de vingt ans, Camarades
Que la nuit règne sur Grenade

Il n'y a plus de prince dans la ville
Pour rêver tout haut
Depuis le jour où la guardia civil
T'a mis au cachot

Et ton sang tiède en quête de l'aurore
S'apprête déjà
J'entends monter par de longs corridors
Le bruit de leurs pas

Et voici la porte grande ouverte
On t'entraîne par les rues désertées
Ah! Laissez-moi le temps de connaître
Ce que ma mère m'a donné

Mais déjà
Face au mur blanc de la nuit
Tes yeux voient dans un éclair
Les champs d'oliviers endormis
Et ne se ferment pas
Devant l'âcre lueur éclatant des fusils
Federico García

Les lauriers ont pâli, Camarades
Le jour se lève sur Grenade

Dure est la pierre et froide la campagne
Garde les yeux clos
De noirs taureaux font mugir la montagne
Garde les yeux clos

Et vous Gitans, serrez bien vos compagnes
Au creux des lits chauds
Ton sang inonde la terre d'Espagne
O Federico

Les guitares jouent des sérénades
Dont les voix se brisent au matin
Non, jamais je n'atteindrai Grenade
"Bien que j'en sache le chemin" 
un petit tour d'échelle



l'arche d'Adartza aujourd'hui en ruine (ancien temple romain)
 Adartza l'arche :en arrière plan Mendimotxa et Meatse
Adartza
la voie "romaine" ou militaire d'Arrolakoharria ;lieu d'une légendaire bataille conduite par le général Harispe à la tête des chasseurs basques   contre la coalition espagnole-anglaise-autrichienne-portugaise.
 Arrolakoharria (rocher d'Arrola)
Urdiakoharria :au fond Oilarandoi
 Monhoa coté Baigorri.
Monhoa : Artzain harria (corral pastoral au pied d'une falaise)

   Monhoa : Monhoa et les rochers d'Artzainharria
    Harribeltzakoborda (borde d'Harribeltza)
   vieux outils de berger dont l' astokakola
  cascade d'Harribeltza
  le ruisseau de Guermiette :Germieta ko erreka
 Moxogaraia
 
  Germieta














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