mardi 10 août 2010

Maroc 2010 :Ighil n M'Goun (4088 m) et Achabou n' M'gouna (gorges du Mgoun)



Ighil n M'goun-4088m

Il est des sommets dont on revient difficilement.
Des années après leurs images continuent à  hanter  un coin de  ma mémoire.

Le Mgoun s'inscrit bizarrement dans mon histoire personnelle .
Ce projet d'ascension de 2010 c'était un peu celui de l'expiation.

Un repentir qui nait de deux épisodes tragiques et synchrones ayant bouleversés de ma  vie et celle de notre association Auñamendi ; c'était début mai 2004.
En avril-mai 2004, j'avais organisé un périple dans les vallées d'Ait Bougmez, d'Ait Wulli, de Tarbat et de la Tessawt par les gorges du Wandras
Il devait se terminer par l'ascension du M'goun.
Cette année là, tout nous fut contraire.
Nous devions ascensionner au passage les jbels Wagoulzat (3763)  Rhat (3601) Igoudamene (3519) et Ighil n'Mgoun (4088).
La neige qui séjournait encore à 2600m empêcha le passage de quasiment tous les cols aux mules et muletiers.
Par opportunité Wagoulzat fut monté depuis Rbat au prix d’une interminable journée.
Le djebel Rhat fut ascensionné depuis Tarbat n’Tirsal mais nous nous perdîmes dans les lapiaz du plateau sommital dans le brouillard ,au retour.
Le Mgoun ne put  être entrepris car le col d’Aghri (3400m) se trouvait sous les neiges obérant le passage sur le plateau de Tarkeddit.
Nous tentâmes néanmoins une traversée des pics d’Aghowri par un raide couloir au dessus du village d’Ifri n’Ait n’Kherfalla dans la vallée de Roughoult.
Les mules étaient depuis longtemps passées, non sans peine, au col de Tizi n’Rimatine pour rejoindre le campement d’Azib Ikkis dans la vallée d'Ayit Bougmez.
Nous avions fini cette belle traversée de la crete de Tarkaddiyt quand descendant vers le campement, la neige fit une soudaine apparition.
En moins de dix minutes, la situation se révéla dantesque.
De gros flocons nous empêchèrent d’avancer. La visibilité fut réduite à quelques mètres quasi instantanément.
La carte au 100 000 millième s’avéra insuffisante pour nous diriger.



Nous fumes incapables de trouver le col de Tizi n’Oumskiyt (2900m) qui nous aurait permis de descendre dans la vallée d’Arous,la dépression qui s'était mise en place ayant faussé notre altimètre de plus de 150m.
Au hasard, suivant une trace de mule nous nous dirigeâmes plein nord sous le djebel Tiranimine .
En plein désarroi ne comptant que sur la chance pour trouver quelques abris ou grottes de fortune, la fatigue nous gagnait au fur et à mesure que le jour baissait.
 A la pointe du jour,après avoir brassé la poudreuse pendant des heures, un sifflement aigu ,provenant d'une paroi d'en dessus , nous signifia la présence humaine tant attendue . 
En pleurs, sans nourriture, nous dûmes remettre nos âmes à ces deux jeunes bergers qui nous apprirent que nous étions sur le djebel Tafenfent aux bergeries de Tzorzia à deux lieux de l’endroit où notre muletier nous attendait.
Ils nous accueillirent, nous logèrent dans un orri à chèvres et ,pour nous nourrir, nous offrirent leurs seules richesses, du lait de chèvre et du riz, soir et matin.
Le lendemain matin, la tempête passée, ils nous reconduiront sur Arous par des sentiers escarpés que les cartes ignorent encore.
Entre temps Mohamed, notre muletier et toute l’équipe de l’école de guides de Tabant avaient parcouru durant toute la nuit, les flancs de l’Aghowri,  hurlant, criant dans un vaste élan de solidarité comme la montagne sait les produire dans ces moments d'angoisse et d'incertitude.

Ce jour là, je décidais que jamais plus on ne me la referait. 
Ce fut le signal de mon engagement dans l’utilisation du GPS portable avec Carto intégrée.
 J’œuvrerai en ce sens jusqu’à mes dernières convictions ayant eu l'impression d'avoir fréquenté la camarde de si près.
En octobre de la même année, un groupe de randonneurs de Lyon revenant du sommet du Mgoun subit les mêmes détriments météorologiques sur le plateau de la Tessawt sous le flanc sud de la Tarkaddiyt.
Ils eurent moins de chance et trois d’entre eux y perdirent la vie. 
Ce coin est vraiment terrible.Ce n'est pas qu'une illusion.....

Le même jour de mai 2004, dans le couloir du Biscau, en vallée d’Ossau, dans les Pyrénées, deux éminents membres d’Auñamendi ,Manex Goyheneche  et Marie Pargade ,périrent victimes d’une avalanche qui les broya implacablement .
Depuis ce jour, je hais les débuts du mois de mai.

Ce long préambule passé, il m’a fallu six années pour oser revenir sur le Mgoun.

Certes ce n’est pas un sommet d’une grande beauté, mais ses formes massives et trapues, sa longue crete à 4000 m en fait un belvédère époustouflant sur le sud de l’Atlas.
 La dorsale complète du Mgoun où se situent des sommets dépassant les 3800m mesure plus de 20 km de long.
La voie empruntée lors de notre traversée ne représente que 4 km ; c’est dire s’il nous reste encore du chemin pour la connaître intégralement.

C’est en compagnie de treize adhérents d’Auñamendi que j’ai envisagé ce retour avec l’aide d’un guide local cette fois ci.
L'animation et l’organisation seraient confiées à Pipas, notre voisin souletin, fin connaisseur de la zone et disposant des critères d’excellence pour la gestion de groupe.

Il allait le démontrer tout au long du séjour.

Le but du séjour c’était la montée au Mgoun, second sommet du Maroc et surtout de traverser les gorges du Mgoun, monument du patrimoine naturel du Maroc.
Ethnologie,géologie,émotion,culture seraient les cairns qui jalonneront notre parcours.
La vallée du Mgoun, affluente du Dadès dans lequel elle se jette près de Qalaat Mgouna, est célèbre pour la culture des roses utilisées par l’industrie du parfum. 
Elle est parsemée aussi de dizaines de milliers de lauriers roses dont les odeurs enivrent le marcheur ou le transhumant.
Des dizaines de hameaux aux maisons de pisé s'étalent le long de cette artère vitale qu'est la rivière.
Les premiers villages apparaissent dès 2300m.Ils sont bâtis à flancs de montagne pour échapper aux crues dévastatrices.

Chaque arpent de terre gagné à la nature est amendé et irrigué par la sequia.
Un ordre ancien régit pratiques pastorales ou agraires et  vie en société patriarcale.
Ces populations (Ayit Mgoun) anciennement animistes sont islamisées de nos jours.Les prêtres ,qui vivent de services cultuels et séculiers, sont pour la plupart non berbères.
Suivant qu'ils soient mariés ou pas,ils n'ont pas le même statut auprès de la population.
Ce voyage serait aussi l'occasion de rencontrer les Ayit Atta ,ces fameux nomades qui ont rempli l'imaginaire de ma jeunesse, quand je dévorais tous ces livres racontant Atlas et déserts dont les auteurs s'appelaient Frison Roche,Felze,Henri Lhote,Hovel, Segonzac....

Ce samedi de juillet RDV était donné à la première heure sur le tarmac de l’aérodrome d’Hondarribia (Gipuzkoa).
Le soir à 20h30 nous étions tous blottis sur les sofas généreux du gite Tamazirt à Arous, au fin fond de la vallée des Ait-Bougmez, en plein cœur de l’Atlas, en train de siroter nos 3 verres de thé vert et manger le premier tajine au mouton de la semaine.
 À Marrakech, il faisait 44 degrés et ce n’est ici,qu’enfin, nous pûmes trouver un peu de fraicheur, d’autant que la route entre Azilal et Agouti ne fut pas de tout repos.
 Durant la traversée du jbel Talmest, sur les pentes du col de Tizi n’Oughbar , notre chauffeur nous donna des sueurs froides.
Passons.

Mes camarades n’auront pas le loisir de flâner le long des prairies et vergers de la vallée d’Ait Bougmez, ni d’admirer les traces de dinosaures du coté de Tabant.Ils ne verront pas le fameux grenier de Sidi Moussa inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO ,ancien lieu de culte au saint de l'islam.
 Le départ du dimanche matin est donné à 7h.Sept muletiers de Tabant et des environs harnachent leurs mules de charge voisinant le quintal.Ils nous donnent des nouvelles des guides de "Rêves Berbères" du village voisin d'Iskatefene.

Maintenant arrêtez vous un peu, je vous invite au voyage..
"Voyager c'est savoir s'arrêter"  disait T'serstevens.

je remercie Txominesku pour les photos qu'il m'a fournies, changeant ainsi l'âme de ce reportage dans une direction que je n'avais pas envisagé au départ.
deux petits textes en euzkara de Xan Errotabehere ,qui symbolisent la philosophie de notre association :écoute ,observation ,humour.
 
-->
Ighil M’goun (4088m) Auñamendi taldearekin
Ahal banitu lotu mendiak mendieri, herriak herrieri…(M. Erdozaintzi-Etxart)

Uztailaren 10-ean, hegazkinak eraman gaitu Hondarribitik Marrakex-era. Hamalau lagun Ipar Euskal-Herritik joan gira Marrokora, Goi-Atlas-eko mendien zeharkatzera, zortzi egunez. Antolatzailea : Beñat, Ahuñamendi elkarteko burua. Gure trekking-ean, behar ginuen besteak beste, M’goun (4088 m) gainditu eta honek dauzkan osin-arroilak jautsi. Gida profesionala ginuen : Pipas, Xuberotarra eta hunen lagun-mina Mohamed, tokiko aintzindaria. Zazpi mando, beste hainbeste mandazain eta sukaldaria. Karabana gaitza, koloretsua bezain nahasia, bainan trinkoa : denak bat. Ibilaldia ederretan ederren izan da, amestua zen heinekoa. Han ez zen deusen eskasik: ez jan, ez edanik, ez osagarririk, ez humore onik. Eta denen gainetik iguzki beroa eta zeruko izarrak.
Alabainan  holako ibilbide batek, kirolaz gain, badauka beste altxorrik. Ehun bat herrixka zeharkatu ditugu. Jendea ‘Ait ata’ tribukoa, Berberoa, mendi laborantzatik bizi da. Lur-landa zatitxoak, mendiari hartu dituztenak, bat besteari datxikola, artatzen dituzte baratzeak bezala, urestatuz arroila bidez : sagardi, intxaur-ondo, luzerna, sekale, arto, baratze oparoak. Jendea badabil, etengabe bidexkaz bidexka, igitaia edo aitzurra bizkarrean, batetik bestera. Hemen, emazteak kokoriko igitaiekin belarra, ogia edo luzerna mozten eskutaraka, edo astotxo batekin ur-keta.  Han ogia jotzen asto pare bat hesola bati loturik inguru-minguru… Jendeak beti irriño bat ezpainetan, begia dir-dir. Erlategian bezala jendea haia-haia doa. Gehienek neguko sei-zortzi ilabetez bederen ez dute ‘zibilizaturik’ kurutzatuko.
Gorago mendian 3 000 metroz goiti, daude familia osoak, ardi eta ahuntz tropekin, udako alapideetan. Zenbaitzuek kameluak badituzte libroan. Harrigarria nola lotzen den jendea biziari, zein gutirekin bizi daitekeen! Mortua ere bizi! Beharrean gertatuz, deus guti duten hura emanen dautzute, nobleziaz eta jendetasunez.
Nola ez aipa haurrak, nun nahitik ateratzen, bizi-biziak, lasterka. Baduzu beti buru ttipi bat nunbaitik zuri so. Begi borobil beltxak, kuriostateak janak. Agur ttipi bat eginez... Egun hemen haziak bainan bihar… nun biziko ?

Gogoetetan bat atxikitzekotz hau litzateke : Holako mendietan zein mendrea den jendea eta denbora berean zein handia! Planetako lau haizetan zehar, mendi handiek berdintsu moldatzen dute jendea eta jendea manera berean moldatzen da mendiari. Bai, nunbait hurbileko senditu gira.
Euskaltarrek ‘Ait Attarreri” agur eta ohore !

Auñamendi partez
Xan Errotabere
2010/07/19

-->

Robert Larrandabürü-ri

Pipas laguna, aintzindaria,
Hiri agur ta ohore,
Zortzi egunez gogoan piztu
daukuk gusta ta adore.
Bihotz xokoan dauzkak mendiak
Baratzean hainbat lore.
Mendi latzari ematen diok
Biziarekin kolore.
Herri eder bat ezagutzeko
Egin deraukuk fabore

Robert, hi baitan aurkitu diagu
Profesional gorena,
Behar orduan bakoitzarentzat
bai hurbileko laguna.
Mintza gozoa, begi zorrotza
Deneri kasu emana.
Pizturik daukak barneko sua
Lehenik mendiarena,
Oroz gainetik, bihotz barnetik
Hire adiskideena

Mohamed gidak "JAUNA" izena
Segur merezi diala :
Gizon fierra, lagun zintzoa
Zuhurra bezain ixila.
Bideskan doak, urrats segurrez
Euskal artzain bat bezala.
Haren iloba sukaldaria
Zer zilarrezko mutila !
Bai osabari, bai ilobari
Goraintziekin Intxala

Mendi gainetan, ibar zoletan,
Herri barnetan ibiliz;
Bixta ederrik, jan edan onik,
Dantzan, kantuz eta irriz;
Sagardi,pentze; landa, baratze
Zeharkatuz mila aldiz.
Bururatzean gogoan diagu
Noiz hasiko giren berriz.
Bihotz bihotzez mila goraintzi
oi Pipas, eskerrik anitx!

2010 07 17
Ahunamendi partez ,Xan Errotabehere


1° étape : Arous (gite Tamezirt)-plateau de la Tarkkeddiyt (bivouac)


après 15h de voyage ,tagine au refuge Tamezirt à Arous,le service est parfait

petit matin dans la vallée d'Ait Bougmez
le groupe s'est mis en marche ;passage en encorbellement sous une maison en pisé à Arous


 Quittant Arous ,sous le Jbel Tafenfent,les moissons sèchent pour être triés sur l'aire de battage.C’est la pleine saison des récoltes qui  sont rassemblées sur les places de battage autour du pilier central où seront attachés trois ou quatre ânes qui tourneront des heures durant.(4/5 heures)
les tas de blé ainsi battus ,attendront d'être triés entre ivraie et grain.
Pour cela il faut un peu de vent de fond de vallée .Le paysan jette en l'air le blé battu ,recommençant l'opération suivant l'humeur des friselis du chergui (vent du sud) pour parfaire son tri.

 habitat ancien troglodyte de l'assif n'Arous



limite de champ à Azib in Ikkis (cabanes d'Ikkis) :cela rappelle les "cubillards" de la zone cantabro-atlantique.


Source au pied du col de Tizi n'Oumskiyq....nous sortons de la moyenne montagne pour aborder la haute montagne.la végétation changeen quelques mètres.

les héroïnes de la journée (80/90 kg de charge utile ou inutile)
le premier passage clef ou col Tizi N'Oumskiyq à 2900m.au nord d'Ighil n'Ikkis (3207m).il domine le cirque de Timaratine qui permet de rejoindre la vallée d'Abaskou.

montée au col Tizi n'Aghri à 3385m :c'est le passage obligé des mules pour la Tessawt.
rencontre avec la tribu transhumante des Ayit Atta et leurs troupeaux de chameaux.Ils sont passés sur le versant Bougmez où ils ont droit de paitre pour la journée.
une bosse ou deux : ici tout est appelé chameau..
col tizi n'Aghri  à 3400m:en dessous de nous, le plateau de Tarkkediyt et les sources de la Tessawt. un peu plus haut le sommet Agowhri sur le chainon de la Tarkkediyt .A notre gauche le jbel Igoudamene (3519m).A nos pieds commencent les gorges d'Arous version sportive pour rejoindre Arous et Ait Bougmez
première vision complète de Ighil Mgoun : partie centrale de cette immense dorsale de 20km entre 3800 et 4088m.le sommet du Mgoun est aussi appelé Ighil n'Umsoud.


troupeau d'ânes proche de la source de la Tessawt.le refuge de Tarkkediyt se trouve à 300m de ce magnifique pâturage.les droits de camping reviennent à la mairie de Warzazate.


 premièr "caidal" de la semaine.le caidal c'est la tente basse communautaire des nomades .dehors quelques gouttes de pluie ne laissent présager rien de bon pour le lendemain.
les mules et leurs picotins d'avoine enfin au repos.
carto 1/100 000 : seule carte de la zone.



randonnée moyenne entre 1920m et 3385m d'altitude,de 6h30 avec les arrêts ,longue de 17 km de dénivelé + 1450m et dénivelé - 470m.Important :se ménager et ne pas s'essouffler.


2° étape: Tarkkeddiyt (bivouac)-Ighil M'goun (4088m)-Arbalou n'Ulimint (bivouac)

départ matinal à la "pale lueur de la frontale"
Sur la crete sommitale.


nous prenons pied sur la crete du Mgoun pour une marche de 4.5km à 4000m d'altitude.Nous enlacerons le cirque du Mgoun pour descendre sur le flanc ouest du sommet.

Les derniers hectomètres


les horizons infinis du Maroc pré-saharien (au fond la vallée du Dadès) les montagnes toutes proches  des Jbel Aklim ou Amsoud culmine encore à 3432m.d'ici par temps clair ,dixit Mohamed, on peut apercevoir Boulmane , Warzazat, Qalaat Mgouna et Skura ainsi que le barrage d'Al Mansour.
La voie sud du Mgoun peut débuter d' Assaka à 10 km de la crête.
 texte

 cheminées à 4000m.


sur l'arête, sans trop de relief , des petites pointes frisant les 400m, servent de repères
 

Amitié et solidarité : l'équipe d'Auñamendi au grand complet au sommet de l'Ighil Mgoun ou Oumsoud , autour de Pipas et Mohamed,guides du séjour :une sacrée équipe.
(même pas un mal de tête dans l'équipe)
De nombreux baptêmes de quatre millistes ce jour là.
Certains portent le tee shirt .
17 degrés à l'ombre et pas de vent...
On a si souvent lu des récits de vents déferlants à 100km/h et de température polaire de -15 degré.
C'était un 13 juillet 2010..

la descente du sommet se déroule dans un immense pierrier d'éboulis de cailloux fins.
on peut y pratiquer le slalom bien appuyé sur ses deux bâtons.
on descendra de 800m en une grosse demi heure.
l'air rare ,sec et chaud se chargera de vous rappeler les désagréments de l'altitude.

cirque du Mgoun : les 4km de crêtes que nous venons de parcourir.
Au fond la pointe du jbel Rhat.(3600m)


flanc ouest du sommet et trace de la descente express...


au pied du Mgoun,



dans la descente on retrouve le paysage familier du chainon de la Tarkkeddiyt.


au niveau des sources de l'Ulimint les muletiers ont monté le campement,la cuisine,le caidal (tente centrale) et les tentes de nuit.
Quelle délicatesse !! ils croyaient nous voir rentrer fatigués,harassés
.Des beignets chauds viendront agrémenter le thé sucré du gouter .
les femmes berbères des tribus transhumantes Ayit Tata passent de longs moments à aller chercher de l'herbe fraiche pour les animaux de la basse cour ou les jeunes chèvres ou agneaux.
Elles portent souvent leur dernier enfant sur le dos.
Les robes coloriés sont portées pour empêcher la poussière d'être trop voyante.
Elles ont aussi une grâce naturelle pour porter bijoux et babioles dorées même dans les travaux champêtres les plus durs.
A 2870m,il existe un village d'orri où deux jeunes couples vivent ici six mois de l'année de la fonte des neiges aux premiers frimas de novembre,avec leurs nombreux enfants .
Les enfants au quotidien fouillent le lit du ruisseau à la recherche de minuscules fossiles qu'ils échangeront ensuite contre du papier,des stylos ou du savon avec les touristes rares dans ses contrées.

les muletiers ont lancé les premières mélopées en jouant sur les bidons et casseroles.
Comme sur des ressorts ,les gazelles ont immédiatement enchainé zortziko et danses circassiennes Nos cultures peuvent rapidement se comprendre et se rejoindre.
Question de rythme...






la course d' Ighil Mgoun depuis le plateau de la Tarkkeddiyt se déroule entre 2870m et 4096m d'altitude.
Longue de 18 km elle dure 10h30 en profitant au maximum des paysages et de la crête sommitale,avec de longs arrêts (près de 4h00 au total) nécessaires à la récupération ,aux repas, 
aux prises de photos. 
dénivelés : +1225m , -1305m

3° étape: Sources de l'Ulimint(bivouac)-Taghreft(bivouac)

ce troisième jour descente de la vallée de l'Ulimint jusqu'à Taghreft.En fait cette étape est une marche à remonter le temps.Tribus transhumantes en haut de la vallée vivants de l'élévage,tribus sédentaires en dessous de 2200m constituées en village régis par une économie vivrière,avec peu d'échanges extérieurs,en auto suffisance et nécéssitant beaucoup de main d'oeuvre.
Observation des techniques d'élevage et de cultures abandonnées dans les Pyrénées depuis 70/80 ans voire plus.
 

départ du camp.le large lit de l'Ulimint témoigne des crues diluviennes qui s'y produisent annuellement.
descente de l'Ulimint;en contre jour.
berger transhumant : en été on peut les apercevoir jusqu'à 3800 sur Ighil n'Oumsoud.
troupeaux de moutons,chèvres , chameaux,ânes constituent le cheptel rencontré dans le Haut Atlas.
Les premiers sont élevés pour la viande (un mouton se négocie 70 euros et oui c'est produit de luxe),la chèvre pour le chevreau et la laine,les chameaux pour le poil et le transport,l'âne pour les travaux des champs.
Azib au niveau de la première gorge de l'Ulimint.Il faudra monter une centaine de mètres au dessus de l'Assif.On y trouve du Coca directement importé de Marrakech.
 t

Nomades avec un troupeau de chèvres important.Remarquer les orris à toit de gravier d'ophite permettant l'isolation et l'étanchéité.
les cheminées de fées de la première gorge de l'Ulimint.Relief incroyable qui a engendré quelques légendes de djenouns (laminak) qui les auraient construites en une nuit.
fin de la 3iéme gorge de l'Ulimint :la plus sportive puisqu'elle comporte un rappel de 15 m .Ici vers 2400 on rencontrera le premier cyprès ,premier arbre depuis la vallée d'Arous.






Tigremt n'Ait Hamed : ancien grenier fortifié où les populations avaient l'habitude de cacher leurs récoltes lors des raizzous des tribus sahariennes.Actuellement en ruine.Il marque la confluence de la vallée de l'Ulimint et de Amugr;ici l'ensemble des eaux prend le nom de Assif n'Mgoun (rivière du Mgoun). La vallée d'Amugr permet de rejoindre la vallée d'Ait Bougmez par le col de Tizi n' Ait Imi.Un peu en amont ,rive droite,se trouve le chemin du tizi n' Ait Hamed (2900 m) qui permet d'éviter les gorges du Mgoun et rejoint la rivière à Bou Tarar près de Qalaat Mgouna au prix d'une pénible traversée .
Tigremt n'Ait Hamed : au fond le massif du Waougoulzat (3513m)
Arrivée sur Taghreft : nous longeons les champs qui occupent toute la largeur de la plaine alluvionnaire.Blé ,orge ,pommes de terre,betteraves,pommiers,noyers sont cultivés sans perdre le moindre centiare.nous sommes à 2200m et les cultures sont exemptes d' oïdium et d'insecte parasite.Les plants sont acclimatés depuis des générations....Les noyers ont été importés par quelques instituteurs périgourdins au temps de la colonisation .
Taghreft : notre campement (il existe aussi un droit d'utilisation)
Un service toujours aussi parfait.Le mouton cuit a l'étouffé paissait gentiment il y a deux heures au dessus du camp.
 t
 




l'étape des sources de l'Ulimint à Taghreft dessine un parcours de 25km entre 2890m et 2140m d'altitude.
dénivelé +255m ,-998m
compter 10h dont 3 h d'arrêts repas ,sieste , de visite dans une ferme,éventuellement pour de la bobologie.


4° étape: Taghreft (bivouac) Achabou n'Mgouna (gorges du Mgoun) Tiranimine (gite)
El Mrabatine-le marabout (la chapelle) le seul véhicule que nous croiserons en 5 jours.En fait il existe une piste qui désenclave la vallée de l'Ulimint mais celle ci n'est que peu opérationnelle car elle a tendance à s'effondrer sous l'effet des fortes pluie et de la fonte des neiges.

 tt
ferme traditionnelle en pisé à toit plat en gravier d'ophite.changement notoire depuis 2004, l'apparition de capteurs solaires loués par la compagnie d'électricité 7 euros par mois.
nous progressons à flanc de colline sur un des nombreux canal de la sequia ,système d'irrigation vital et communautaire dont l'entretien et l'usage sont strictement règlementés  par la coutume locale.
nous avançons au milieu de nombreux enfants tout heureux de nous montrer le chemin.
























Hameau du village d'Ighrerm Izdarn sous le Tagafayt ( 3540m)
Le dernier village avant les gorges.très habité : Igherm Izdern.les hommes étaient occupés à reconstruire des digues de protections de l'assif sec descendant de l'aguerd n'Iskaoun dont la dernière crue a emporté quelques parcelles cultivables et des noyers. (une catastrophe pour ces habitants) .A Igherm Izdarn se trouve un gite d'étape très fréquenté des voyageurs.
les enfants aiment à accompagner les randonneurs jusqu'à l'entrée des gorges.
Un groupe de filles très malines se mit à entonner spontanément quelques chansons de leur village contre quelques cadeaux ,nous vidant ainsi de nos derniers stylos et feuilles de classeur.


les premiers franchissements de gués à l'altitude 2000.premières réflexions du groupe :"l'eau du Mgoun est salée".
de nombreuses traces de sel patinent les bordures de l'assif.
Petit plongeon dans la baïne de l'assif Imejdag, affluent de la rive gauche ,avant Tarzout.
nous entrons dans la gorge:l'eau monte et le courant s'accélère.

les gorges sont les seuls passages Nord-Sud faciles.
Il existe quelques échappatoires très impressionnants.(chemins taillés et marches dans le vide).
Les habitants sont très inquiets quand ils y passent car les points extrêmes du bassin versant situés entre 20 et 30 km ne sont pas visibles et audibles des gorges.
Au mois d'aout, elles ne sont fréquentées que le matin. 
Il est coutume que des redoutables orages du Ighil n'Mgoun ou du Waougoulzat s'abattent l'après midi transformant ce paisible torrent en une onde tumultueuse.
tt
les sources d'Azfez(1966m) à 3km en dessous de Tarzout.
Une importante résurgence provenant du Jbel Tigounatine (3140m) apparait ici.
Elles constituent un point de repos pour les nombreux visiteurs des gorges.
Beaucoup arrivent par l'aval depuis Tiranimine.
Un paysan opportuniste y a construit un refuge-restaurant (en cours 2010) en lieu et place d'un ancien azib (bergerie) à l'ombre des figuiers et des lauriers.
Les touristes et les locaux apprécient,donnant au lieu le charme d'un caravansérail.
salade de la mi journée arrosée de thé vert.
On peut admirer de nombreux plis couchés ou renversés au ras du cours d'eau du Mgoun .
La géologie de cette région est vraiment tourmentée.

Habitante de la rivière Mgoun.
Elle est adaptée pour vivre dans une eau relativement saumâtre.

le gite d'étape de Tiranimine
service digne d'une école hôtelière : en un mot parfait.



l'étape de la traversée n'est pas difficile dans sa dimension physique.
les seuls dangers objectifs sont les crues lors de la fonte des neiges ou des orages d'août. 
il ne faut pas etre claustrophobe,ni avoir la peur de l'eau, qui par moments, monte jusqu'aux fesses.
la partie étroite ne fait guère plus d'un kilomètre.mais elle est magique.
l'étape se déroule entre 2175m et 1800m d'altitude.
dénivelé : +360m -725m
9h30 au total en comptant 3h00 pour le repas,la sieste,le gouter,les photos et la "bobologie" (c'est dur de marcher avec tous ces "bedezinak" qui opèrent sans arrêt)


5° étape Tiranimine (gite) Aguerzaka (bus)

dernière étape de la traversée Bougmez-Dades par le Mgoun . 
aujourd'hui petite étape d'une paire d'heures
.il parait que la suite jusqu'à Qalaat Mgouna n'a pas la même intensité.
Nous irons finir le séjour dans la haute vallée du Dades. 
cette étape est marquée par la rencontre avec les caravanes qui remontent la rivière et surtout l'apparition de nombreux champs de mais.
Certains hameaux ne pratiquent ainsi que la monoculture.
les bords de  rivière sont envahis par les lauriers-roses qui nous enivrent de leur parfum poivré.
de nombreuses sources alimentant le lit,
le courant devient de plus en plus violent.la pente de la rivière est encore importante.
son lit n'est pas très étalé.
la séquia est très bien organisé.
après Tiranimine le courant du Mgoun est très fort.
le franchissement de la rivière est facilité par des ponts précaires attachés par des câbles à des rochers 
(le bois est rare)
maïs
la dernière gorge avant Aguerzouka.c'est la saison où il y a le plus de trafic dans les gorges.
les caravanes remontent biens manufacturés , engrais ,semences ou farine.
dans ces plis verticaux ,existe une école d'escalade.
celle ci est fréquentée du fait de l'existence d'une piste toute proche.
plus en amont existe des falaises et voies qui n'attendent que leurs découvreurs.
combien de lignes sans noms existent elles au dessus de Tiranimine ?
Cette pratique de la montagne est à des encablures, des soucis et des préoccupations quotidiennes de la population locale.
t
Aguerzouka : fin de parcours.
une petite collation et nous partirons pour Ait Youl dans la vallée mère du Dades.
On remarquera le premier câble électrique depuis 5 jours.
deux potes pas très amphibiens.
Mohammed lui aussi rêve d'être guide de touristes ou footballeur.
La vie en décidera plus tard..Inch'allah.
En attendant il a insisté pour que je le photographie et que mes amis puissent le voir à la TV...
Un vrai "Ayit Mgoun".
Jour de lessive sous le pont d'Aguerzouka
Ces femmes lavent les tapis et les matelas de la maison.
Ici la vie est une lutte permanente contre la poussière qui s'insère partout.
Les vents chauds et forts du désert soulèvent les poussières que le manque de couverture végétale ne peut retenir.
(dépression entre la montagne et la plaine)
carto au 1/100000
t



fin de parcours:étape de 7km entre 1815m et 1700m.dénivelé +100m et -140m.compter 4h avec le repas et la sieste.
parcours total

le parcours total donne une longueur de 85.32 kilomètres.
il faudra y appliquer un coefficient multiplicateur de 1.15 car le GPS, qui  mesure droit entre 2 points , ne relève qu' un point toutes les  trente secondes.
(on avoisine les 100km au total) ,
les détours de trace ne sont pas  indiqués. 
(la trace a été épurée des visites chez l'habitant,détour pour usages personnels ,angles des photos .....)
dénivelés cumulés : +3352m ,-3628 m

Conclusion (provisoire)


Aurten, Marok-erat Auñamendi mendi taldeareki, joan niz.   Zer memento goxoak igaran dütügün han, berbere popüliarekin...hanko bazterrer so egitez....mendi adixkidekin egoitez  Hanitxetan eskualde hortan izan niz, bena, uste düt; lüzaz, M'Goun-eko bidaje hori, bürüan begiratüko düt zeren lehentze, Auñamendiko kide edo adixkide hanitxekin, eüskaraz mintzatü bainiz. Zer plazera, eüskaraz mintzatzea Eüskal Herrian girelarik, bena ere, kanpoan girelarik. Trankilki errainten ahal da, Auñamendi mendi taldea, euskaradün mendi talde batetarat nahi dela izan, eta dela !. Biba hurak ! Plazerez, holako adixkidekin, berriz joanen niz.
 Robert "Pipas" LARRANDABÛRÛ 
Résumé: Pipas a été heureux de ce voyage ,il n'en est pas revenu facilement.
Mais surtout ce qui l'a le plus marqué, c'est le niveau et la pratique de notre 'euskara.
Parler basque en Euskal Herria, cest plaisir! 
mais à 1500 km de chez nous, quelle jubilation.
Pour la photo, petit clin d'œil au grand club basque de la côte (l'autre étant à l'intérieur !!!!)


Enregistrer un commentaire